Le lait de soja, trop riche en protéines végétales ?

Parmi tous les produits transformés de l'alimentation qui ne veulent pas que du bien à la santé des femmes, citons par exemple le sel responsable d'hypertension, la viande rouge (cancérigène, si riche en protéines animales !), le vin (surtout pendant la grossesse durant laquelle l'alcool est déconseillé), le lait de vache (beaucoup trop riche en lactose, grosse molécule très indigeste pour l'intestin), le gluten de la farine de blé qui, ajouté à de l'eau, fait lever la pâte à pain du boulanger de façon quasi miraculeuse ! Et, plus discret dans la gastronomie française, il faut désormais compter avec le soja, surtout dans les desserts transformés hyperprotéinés plus prisés des sportifs adeptes des J.O. 2024 que des classiques consommateurs des douces et réconfortantes gourmandises sucrées de nos pâtisseries... Du soja en mini briques de lait, en crèmes desserts, en yaourts et même en glaces ! 





Sojasun, c'est bon mais à consommer "avec modération"


Jusqu'à il y a quelques années en arrière, avant le succès avéré des laits végétaux (soja, avoine, riz, amande, noisette, coco) assez chers d'ailleurs, en complément au traditionnel pack de lait de vache français « bon marché » dans les rayons des grandes surfaces, le soja ne faisait pas vraiment partie de la culture occidentale. En France, on n'en parlait tout simplement pas. Et pour cause, on ne connaissait rien du soja en cuisine, surtout si l'on n'avait jamais voyagé en Asie. Au mieux, en agriculture, dans l'Hexagone, on savait qu'il était employé pour nourrir le bétail. Mais officiellement, on en consommait très rarement : avec les nems ou les rouleaux de printemps à tremper dans la fameuse « sauce soja », par exemple, aux saveurs sucrées et umami lorsqu'on avait l'occasion de se faire un petit restau' asiatique très sympa.

Surtout pour réussir les premiers rendez-vous amoureux qui n'obligent pas les célibataires à se mettre, angoissés derrière les fourneaux... Bizarrement, le bol de riz a toujours l'air plus appétissant dans ces restaurants asiatiques si romantiques et dépaysants, accompagné d'un peu de porc caramélisé découpé en fines lamelles, ou de sushis, qu'ailleurs. A table, dans la cuisine ou le salon de la maîtresse de maison qui a pris le temps de faire cuire dans son jus un délicieux rôti de porc aux champignons de Paris ou un simple saumon, cuit à l'eau, c'est toujours différent. Moins bien. Allez comprendre pourquoi ? Bref, le bon riz, en grains, en nouilles, ou dans un bouillon de soupe, ça se marie aussi bien avec quelques petits morceaux de viande que de poisson, et des petits légumes. 

Tofu et yaourts végétaux 

Mais le soja, alors là, c'est une autre histoire... Pas vrai ? Qui peut dire qu'il est fou de tofu ? Ces drôles de cubes parfaits coupés dans du « fromage de soja », réalisé à partir de boisson végétale à base de soja  ? Autant l'on comprend que, riche en glucides, le riz au lait est un dessert sucré, vanillé, qui rappelle facilement à certains Français la bienveillance de leurs grands-mères, pourtant pas plus nées en Chine qu'eux-mêmes. Ce qui peut faire facilement de ces amateurs, arrivés à l'âge adulte, des inconditionnels du bol de céréales façon riz soufflé au chocolat au petit-déjeuner d'ailleurs. 

Le soja, lui, n'est pas une céréale. Il appartient à la famille des légumineuses, comme les lentilles, les haricots secs, les fèves, les pois cassés ou les pois chiches. On parle également de légumes secs, riches en protéines végétales, en fer, en calcium et en fibres. Leurs qualités nutritionnelles reconnues expliquent ainsi leur présence dans des plats presque majoritairement végétariens, surtout lorsqu'on y ajoute des légumes en sauces (carottes, tomates, pommes de terre, aubergines, courgettes, etc.), du riz, oui, encore, spécialités culinaires que l'on retrouve dans le monde entier, des Etats-Unis au Mexique en passant par la France, le Maghreb, l'Inde, la Chine, l'Indonésie ou le Japon : dahl de lentilles corail, chili con carne (haricots rouges), couscous (pois chiches), panisse (pois chiche), purée de pois cassés (petits pois quand ils sont frais), cassoulet (haricots blancs), tempeh (soja), natto (soja), etc. Si tous ces délices se consomment sans viande, ou avec peu de protéines animales, c'est précisément parce qu'ils sont déjà riches en protéines végétales, donc nourrissants !

Originaire d'Asie Centrale où la ressource est exploitée pour l'alimentation humaine depuis plus de 5000 ans, le soja (ou soya) est massivement produit aux Etats-Unis, au Brésil, en Argentine, en Chine et en Inde. En raison d'une demande mondiale en hausse, la culture des graines de soja est régulièrement accusée d'être responsable de la transformation de forêts en terres agricoles sur des zones sauvages autrefois considérées comme essentielles sur le plan de la biodiversité. "La déforestation en Amazonie ? C'est le soja..."

Riche en phytoestrogènes, le soja, perturbateur endocrinien ? 

Responsable de tous les maux ? Et même de dérégler les fonctions physiologiques élémentaires chez les femmes en bonne santé ! Oui, ça arrive. C'est comme tout, la viande rouge, riches en protéines animales, il ne faut pas en manger tous les jours, contrairement aux fruits et aux légumes... Et donc, le soja, est également accusé de dérégler le fonctionnement naturel de la glande thyroïde chez les femmes, plus que chez les hommes ! Résultat, elles peuvent absorber du soja dans des yaourts hyperprotéinées pour faire un régime avant de partir en vacances et soudain remarquer qu'elles ont des règles irrégulières, trop abondantes, un ventre qui gonfle, des jambes qui enflent, des bouffées de chaleur inexplicables comme si ces dames avaient fait un véritable festin, un jour de barbecue avec une troupe de clones de Hulk. Huit jours pour s'en remettre, de cette fête gargantuesque quand on n'a plus l'âge ? Trop, c'est trop... De perturbations sexuelles, surtout à la ménopause !

Oh là là ! Vent de panique dans les téléphones, prises de rendez-vous en urgences chez le médecin généraliste avant le départ en vacances, l'endocrinologue (spécialiste des perturbateurs endocriniens, car le soja est riche en phytoestrogènes, dont les isoflavones proches chimiquement de l'action des oestrogènes, hormones féminines !), le pédiatre (spécialiste des maladies infantiles), voire la gynécologue qui tous devraient dire sagement aux patients trop vite inquiets après les avoir fait monter sur la balance... Mince, la petite aiguille qui monte, qui monte, qui monte ! Ce n'est pas juste. Satanée prise de poids inexpliquée, fatigue ! Bon, que se passe-t-il, le retour des règles abondantes, une future grossesse. Quoi ? Madame est enceinte. Monsieur fait une grosse dépression ? Un baby-blues avant les grands départs de juillet-août ? Bon sang, mais il faut se détendre en congés, non ? 

Que va encore ajouter le toubib, d'un air peut-être suspicieux dans sa blouse blanche : « alors, vous, vous voulez faire les prochains Jeux Olympiques d'été en 2028 à Los Angeles, c'est ça ? Vous visez  le podium à quelle place : première, seconde, troisième ? Médaille d'or, d'argent, de bronze au Triathlon ? Et en natation ? Non, rien ? Alors, arrêtez de vous gaver de yaourts hyperprotéinés, et de barres énergétiques matin, midi et soir ! Vous avez bien assez de muscles et de calories à brûler dans vos bonnes graisses de réserve ». Non, vraiment, le soja, ce n'est pas bon pour le régime... Ni pour les muscles de vos petits bras, ni pour la glande thyroïde (qui se cache gentiment dans le cou). Et après l'été vient l'hiver, en effet, hein ! Bonnes vacances, « les cigales ».



Soprano "Ninja" (2020)



GASTRONOMIE, NUTRITION, CUISINE, SPORT

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