Riviera Maya : le village d'Akumal au Mexique

Voyage, voyage...  Pour les fans de la série de notre enfance : les Mystérieuses Cités d'Or ! Voyage, voyage, tropical alors : direction, la péninsule du Yucatan, au Mexique ! Mais très loin de Mexico. Alors où ? Pour le Spring Break des étudiants à Cancun ou profiter d'une "fiesta sous-marine" avec les poissons à Cozumel ? L’île aux spots coralliens enchanteurs découverts par le Commandant Cousteau (encore lui !) à la fin des années 1950 ? Et pourquoi pas plutôt, un séjour de deux semaines dans un paradis secret et tranquille encore bien préservé de la Riviera Maya ? Partons à la découverte d'Akumal, un village situé près du site archéologique de Tulum (qui signifie "mur" en maya)... 

Il faut l’avouer, lorsqu’on a goûté à la diversité des fonds marins de l’Indo-Pacifique, il est difficile de se laisser à nouveau tenter par l’Atlantique. Ainsi, comme des enfants gâtés, nous avions l’idée préconçue qu’un séjour au Mexique, côté Mer des Caraïbes en péninsule du Yucatan, ne pourrait rivaliser avec les précédents voyages aux souvenirs marins tellement exotiques...

Les Mystérieuses Cités d'Or (1982)

 

Iguane noir (Ctenosaura similis)

Yucatan, fin du monde des dinosaures et paradis des tortues et requins

Et puis, il y avait en 2009 cette curieuse psychose autour de la pandémie de grippe, tour à tour dite « mexicaine, partie de là-bas, porcine » puis rebaptisée plus sagement A (H1N1) et "se baladant" toujours un peu partout. Une pure folie médiatique qui a semé un vent de panique, transformé la destination en "pestiférée du globe" et salement écorché l'économie du tourisme qui la fait vivre… 

N’empêche, même si la richesse des fonds sous-marins oriente beaucoup nos choix de destinations, nous restons sensibles aux charmes terrestres d’un pays. Et de ce point de vue, le Mexique a de solides arguments : son histoire, la gentillesse de ses habitants, sa cuisine, sa nature sauvage et ses sites archéologiques grandioses ! Au diable donc pandémies et autres appréhensions, nous aussi avons fini par céder à la tentation.

Restait à choisir sur la Riviera Maya :
Cancun, ville aux plages de rêve et aux nuits endiablées ? Playa del Carmen, station balnéaire animée située en face de la « Mecque de la plongée » dans cette région de la planète, spot sous-marin fréquenté par d'impressionnants requins bouledogues d'ailleurs, comme Cozumel (aux célèbres récifs Palancar et Santa Rosa Wall) ? Ou éloignée au sud de la grande Cancun, Akumal, petit village entouré de jungle ? Trop loin de tout estiment certains ? Oui, mais bon, les eaux de ce paisible « pueblo », paraît-il, aurait quelque chose de magique

La plage aux herbiers sous-marins

De Cancun à Akumal, en passant par Puerto Morelos et Playa del Carmen, il n’existe qu’une seule route toute droite : la 307. Bordée par une végétation luxuriante, elle longe la côte de cet état baptisé Quintana Roo qui jouxte le Yucatan. Le décor très verdoyant assure qu’ici, c’est Dame Nature qui domine encore l’Homme et pas l’inverse. Ouf, découvrir que ce genre d’endroits existe toujours sur la planète a un côté rassurant !

Certes, quelques grands Hôtels se sont construits côté mer. Mais les réserves naturelles et écoparcs de toutes sortes (cénotes, animaliers, aventures) ont aussi poussé comme des champignons ! Les Mexicains semblent fermement décidés à cohabiter en harmonie avec leur environnement, malgré l’ingrédient rarement facile à gérer du "tourisme de masse". Nous, Français, avons des leçons à prendre en la matière. Et justement, la première leçon a lieu sur la plage d’Akumal…

Le nom du village, tiré de la langue maya, signifie « terre des tortues ». Cette fois, le secret est lâché : Akumal est un repère à tortues ! Tortues vertes et caouannes y trouvent de quoi manger et s’y reproduisent en toute quiétude ou presque. Les zones de ponte sont très surveillées et protégées, même lorsqu’elles se trouvent sur les plages privées de gros complexes hôteliers.

Mais ce n’est pas là que l’on croise à coup sûr les placides reptiles marins. Il existe une excellente adresse… sur la plage publique (Akumal Bay). Promis juré, dans la prairie sous-marine située en face du restaurant Lol-Ha, il est impossible de les manquer ! En toute sécurité dans 3 à 4 mètres d’eau grand maximum et à 100 mètres du bord, on peut admirer les animaux en train de se reposer au fond ou de se nourrir souvent entourés de leurs envahissants « gardes du corps », les rémoras.

Les snorkeleurs les plus observateurs ne manqueront pas d’autres belles espèces, telles  les raies pastenagues qui semblent apprécier la compagnie des tortues. Oui, les belles rencontres sont garanties... Du coup, l’excursion se vend à prix d’or dans les environs : pour 50 dollars US voire plus, les touristes font 5 minutes de bateau et sont précipités à l’eau quelque soit les conditions météorologiques par paquets de dix ou quinze sur le site. A ce tarif, ils ont droit à un guide de snorkeling et on leur prête l’équipement ainsi que le gilet de sécurité à enfiler autour du cou. Ne tombez pas dans le panneau !

Selon l’endroit où vous séjournerez à Akumal (le mieux situé étant l’Akumal Beach Resort), il vous suffira, à pied si vous êtes endurants, de longer la plage. Par la route, un collectivo (20 pesos l’aller) vous dépose à l’arrêt de bus de la plage en un instant. Et dix minutes de marche plus tard, vous nagerez au paradis des tortues à l’accès gratuit.

Une "forêt d’éponges" dans les récifs coralliens

Cerise sur le gâteau, les volontaires du Centre Ecologique d’Akumal (CEA) veillent au grain : aux tortues marines mais aussi aux récifs voisins. Circulant en canoës-kayaks sur la zone, ils renseignent le public aussi bien qu’il le sensibilise sur la façon d’approcher les tortues sans les déranger ou de progresser parmi les coraux sans les abîmer.

Si le temps vire à l’orage et à la pluie battante – ce qui n’est pas rare du tout à certaines époques -, ils n’hésitent pas à alerter les personnes qui, trop captivées par ce qu’elles voient en bas, en oublient qu’il existe un monde au-dessus de la surface. Autant dire que les gens du CEA sont des anges gardiens !

Venons-en à l’autre surprise, sur la droite de la plage. Pour la découvrir, il faut quitter l’herbier. En quelques coups de palmes, on survole cette fois une zone sableuse et en quelques instants, on atteint des patates de corail. Là, attention les yeux, spectacle rare… Les poissons ne sont pas forcément très nombreux, les coraux pas très diversifiés ni toujours en excellent état de santé.

Toutefois, il est possible de faire de belles rencontres : barracudas, raies aigles, poissons perroquets, coffres, calmars, poulpes, gros crabes, oursins-diadèmes, etc. L’autre attraction phare du lieu est encore moins mobile. Ce sont les éponges ! Il y en a partout, des jaunes, des noires, brunes, grandes ou petites. Et plus surprenant encore, de nombreuses et magnifiques gorgones violettes dansent au gré des courant alors que d’ordinaire, il n’y a qu’en plongée à profondeurs plus importantes qu’il est possible d’en admirer autant.

Ouvrez l’œil car certaines sont habitées par une monnaie caraïbes à ocelles, petit coquillage à la robe orange vif. Une petite merveille ! Allez, on vous le dit : un moniteur de plongée rencontré à Playa del Carmen nous a carrément confié que selon lui, le snorkeling était meilleur à Akumal qu’à Cozumel ! Evidemment, pour la plongée c’est une autre histoire…

Caroline Lepage (adaptation de mon reportage sur le Mexique publié en 2010 dans le magazine Tribu Snorkeling)





Chichen Itza, la cité des sorciers de l'eau (RMC Découvertes, 2025)

 

Les cénotes, des puits d'eau sacrés

Avec sa longue barrière de corail et Cozumel, la Riviera Maya est un puissant aimant à plongeurs ! Elle leur réserve une dernière attraction unique au monde souvent perdue en pleine jungle : la découverte d’innombrables formations géologiques semblant avoir été conçues spécialement pour eux.

Sacrés aux yeux des Mayas qui les utilisaient aussi comme sources d’eau douce, les cénotes sont des cavernes ou des puits plus ou moins remplis d’eau, parfois envahis de verdure et organisés en réseaux. Ils se sont formés dans le sol calcaire de la région grâce aux variations du niveau des océans au cours des temps, aux infiltrations des pluies et au travail d’érosion des rivières souterraines.

On en trouve à Xel-Ha mais qui ne valent pas les plus impressionnants, richement décorés de stalactites, leur donnant des airs de cathédrales naturelles. Mieux, sous la surface, les stalagmites jouent avec la lumière pour offrir un spectacle féerique uniquement visible en plongée et en snorkeling ! Il ne faut pas manquer cela. Justement, à 4 km au sud d’Akumal se trouve Aktun-Chen, parc écologique très réputé pour ses cavernes et son cénote. A peine plus loin, au nord cette fois, Kantun-Chi, Jardin del Eden ou Azul méritent également le coup d’œil…


Xel-Ha, un parc d'attraction vraiment très aquatique... 

 

Tulum : jolies ruines de temples mayas

Pas aussi majestueuse que Chichen Itza élue en 2007 l’une des sept nouvelles merveilles du monde, ni si impressionnante que Coba et son temple de Nohoch Mul dominant la jungle du haut de ses 30 mètres, Tulum mérite pourtant le détour.

Située à une petite demi-heure d’Akumal en collectivos (mini-bus) pour 60 pesos aller-retour par personne, cette modeste cité maya – un ancien port de pêche - est la seule construite en bord de mer. Résultat, un panorama à couper le souffle où les vestiges du passé se mêlent à l’azur de la Mer des Caraïbes de manière divine.

L’entrée est à 50 pesos, et pour ce prix là, vous pouvez même terminer la visite en contrebas par le « must » : une baignade sur l’une des dix plus belles plages de la planète !



15 choses à faire à Playa del Carmen (2025)

 












NATURE, ZOOLOGIE, BOTANIQUE, ECOSYSTEMES, BIOLOGIE
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