Les éléphants filent un « coup de pattes » aux geckos

Ici, une belle démonstration de ce que peut être l’entraide entre géants et tout-petits dans un milieu plutôt hostile. Merci aux éléphants ! En Afrique, les éléphants ont l’habitude d’arpenter la savane et évidemment d’y commettre quelques dégâts bien visibles. Ainsi, la végétation porte toujours des traces de leurs pas lourds et de leur imposante silhouette. Une maladresse souvent vue d’un mauvais œil (même s’il faut reconnaître qu’il doit être difficile de faire le délicat lorsqu’on mesure près de 4 mètres et que l’on pèse plusieurs tonnes). Pourtant…

Le biologiste américain Robert Pringle, chercheur à l’Université Stanford en Californie, assure dans la revue Bulletin of the Ecological Society of America que cette force apparemment destructrice des éléphants a aussi du bon comme il a pu l’observer au Kenya. Certes, lors de leur passage, les mastodontes cassent involontairement des branches d’arbres et les entraînent à terre, mais cette modification de l’environnement profite à d’autres : aux geckos.

Grâce au carnage laissé par les éléphants, ces petits lézards trouvent plus facilement d’endroits sécurisés pour nicher dans les troncs abîmés et fissurés, se mettre à l’abri sous les branches au sol pour éviter les prédateurs ou même à l’ombre pour ne pas cuire au soleil ! Résultat, la population de geckos nains du Kenya (Lygodactylus keniensis) augmente proportionnellement avec cette végétation abîmée. Reste à trouver le bon équilibre ! La présence d’un trop grand nombre d’éléphants peut également avoir un impact négatif sur la savane. Preuve que la gestion durable des populations de pachydermes n’est pas une mince affaire…

Caroline Lepage (article publié pour le site web Sur La toile en 2008) 


Au Kenya, la population d'éléphants a doublé en 30 ans (reportage France 24, 2020)

 

NATURE, ZOOLOGIE, BOTANIQUE, ECOSYSTEMES, BIOLOGIE
Lire aussi :

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Riviera Maya : le village d'Akumal au Mexique

Mort et idées noires du bon chien (de garde)

Décès, 6 Janvier 2026, d'un grand musicien, mon cousin : Frédéric Simonin