Rapides comme les lièvres


Les amoureux des animaux, comme de la poésie ainsi que les nostalgiques de l'époque des cours de morale à l'école possèdent forcément un recueil des fables de La Fontaine dans leur bibliothèque. Une véritable bible sur la politesse, les devoirs, la politique, l'éducation civique (et physique !), même sur la vie sauvage parfois insoupçonnable miroir de la nôtre... 

Sans parler de l'exercice intellectuel pour les neurones des petits comme des grands, sans doute très utile comme moyen de prévention dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer, que représente la mémorisation de ces passionnantes histoires d'animaux qui parlent, et pas pour ne rien dire ! Il faut juste de bons traducteurs pour décrypter le message fort de chaque fable.

« Il ne faut jamais se moquer des misérables : car qui peut s'assurer d'être toujours heureux ? » dans Le lièvre et la perdrix du poète et moraliste français Jean de La Fontaine (1621-1695)

 

Bref, les écoliers et les adultes connaissent moins Le lièvre et la perdrix, « concitoyens d'un champ » parce que le récit semble écrit dans un vieux français parfois difficilement compréhensible à la première, seconde ou même troisième lecture... Il s'agit tout de même d'une écriture remontant au XVIIe siècle. Louis XIV (1638-1715) est roi de France, devenu chauve brutalement à l'âge de 20 ans en raison dit-on d'un traitement, contre la fièvre typhoïde, et surtout à l'origine de l'extension de la construction de l'incroyable château de Versailles...

Nous sommes à l'époque de la monarchie de droit divin qui tombe en 1789 lors de la révolution, celle où les affamés Sans-culottes à bonnet phrygien rouge « empantalonnés » à rayures bleues et blanches jusqu'aux chevilles issus du petit peuple de la capitale opposés aux aristos' (-crates, pas -chats) en « culottes » jusqu'aux genoux, jambes en bas (osons résumer la scène avec une pointe de légèreté, d'un côté, les gars en bonnets rouges et jean's au langage rustique ; de l'autre, les types (et même les femmes) aux cheveux cachés sous de lourdes et coûteuses perruques bouclées enfarinées de poudre de riz. 

Des heureux, des malheureux, des pauvres, des riches, des rapides et des lents, pas seulement en raison de costumes plus ou moins adaptés aux situations de lutte ou de fuite comme dans la plus compréhensible et plus célèbre fable du lièvre et de la tortue... On consomme encore aujourd'hui la viande du premier mariné dans du vin rouge – c'est la recette du civet de lièvre – à condition que les chasseurs ne soient pas trop « bourrés » au moment de viser et tirer sur la bête herbivore à très grandes oreilles, qui sait digérer la cellulose du bois et compte parmi les animaux les plus rapides du monde.

Le lièvre brun (d'Europe) peut courir à plus de 70 km/h, moins rapide tout de même que le carnivore guépard d'Afrique dont les pointes dépassent 110 km/h mais beaucoup plus que n'importe quelle tortue terrestre ou marine ! Pour la défense de ces reptiles trapus qui se traînent en plus d'une lourde carapace la réputation d'être lents, rappelons que ce sont des espèces à sang froid sans poils mais à la proximité familiale évidente plus proche avec les dinosaures contrairement aux mammifères à sang chaud tous poilus, enfin, en situation normale... Reptiles terrestres à la longévité également plus importante que celles des mammifères terrestres.

Autant s'en souvenir, la dernière tortue terrestre à avoir battu un record en la matière est une tortue léopard d'Afrique (!), Stigmochelys pardalis de son nom latin, qui a « marché » à la vitesse record d'1 km/h selon un enregistrement officiel du Guinness World Record. Elle a parcouru 5,48 m en 19,59 secondes. Quant à la tortue marine, bonne navigatrice, elle est généralement aussi douée en orientation qu'en natation et en endurance - nager sur des centaines de kilomètres pour rejoindre la plage de sa naissance ne lui fait pas peur - mais elle le fait rarement à plus 35 km/h, à moins de tomber dans un courant marin violent qui accélère sa course ? Ce qui explique peut-être que « rien ne sert de courir ; il faut partir à point » et non « à pont », à condition de savoir où l'on veut aller et de se renseigner sur les conditions météorologiques ou océaniques avant de partir. 

Quelle possible leçon tirer de ce modèle animal du lièvre, "vif comme l'éclair" en pleine course sauvage pour les modestes humains que nous sommes ? Je conserve ma motivation sur la durée, même si je n'ai pas la condition physique au beau fixe, je m'alimente, me couvre correctement et m'entraîne assez régulièrement pour atteindre l'objectif fixé à une date donnée...

Extrait du livre AGIR ET PENSER COMME LES ANIMAUX (Caroline Lepage, éd. de L'Opportun, 2019) 




Pour celles et ceux qui souhaitent adopter un lapin (de Garenne, qui n'est pas un lièvre, sauvage et rapide, impossible à câliner !) - attention à la myxomatose, effrayante maladie virale qui peut rendre l'animal herbivore fiévreux et affecter gravement ses yeux - voici quelques informations importantes à connaître... avant de foncer chez le vétérinaire, si besoin :



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