Nos amies les plantes

A la base des chaînes alimentaires sur toute la planète, elles sont aussi précieuses aux animaux qu’aux humains. Pour preuve : elles nous fournissent des médicaments pour nous soigner, de quoi manger et même des matériaux pour nous loger. Mieux, elles nous permettent de respirer ! Et plus encore… 

C’est certain, les plantes nous veulent du bien. A tel point qu’on essaye de leur laisser de plus en plus d’espace en ville. Ce petit côté nature fait du bien au moral des citadins. Au travail, on ne jure que par elles pour apporter une touche ‘zen’ aux bureaux et une atmosphère fraîche et saine car - cerise sur le gâteau - elles filtrent l’air en absorbant le dioxyde de carbone (CO2) et même en éliminant certaines substances toxiques (formaldéhyde, benzène, etc.). De véritables stations d’épuration biologiques ! 



Francis Hallé, botaniste, explique la photosynthèse (la production de sucre et d'oxygène) chez les plantes

 

Bouffées d’oxygène 

Toutes ces extraordinaires propriétés tiennent en partie à la fameuse photosynthèse. Grâce à elle, les plantes sont autotrophes par opposition aux organismes hétérotrophes que nous sommes, pauvres êtres humains, obligés de trouver un apport extérieur de matières organiques dans la nourriture. Comment cela se passe pour elles ? Elles puisent l’énergie solaire, extraient le carbone en pompant le gaz carbonique présent dans l’atmosphère, prélèvent les minéraux (azote, potassium, phosphore, magnésium, calcium, etc.) et l’eau du sol et peuvent ainsi produire leur propre matière organique. 

Cette photosynthèse a lieu dans de petits organites des cellules végétales présentes dans les feuilles : les chloroplastes, riches en chlorophylle. Là où les plantes sont très sympathiques avec nous, c’est qu’au cours de ce processus, elles libèrent les molécules d’oxygène dont nous avons besoin pour respirer. Et bien sûr, en absorbant le carbone comme les océans, elles représentent des puits de stockage précieux dans le contrôle du changement climatique… 

Biocarburants 

Depuis quelques années, on leur a même trouvé une nouvelle façon d’agir en faveur de la planète, les biocarburants. Renouvelables, moins polluants et qui produisent moins d’émissions de CO2 que les énergies fossiles : solution du futur pour faire face à la hausse des prix du pétrole et aux risques d’épuisements des gisements d’hydrocarbures ? Peut-être même si ces énergies ne peuvent à elles seules enrayer les problèmes qui nous pendent au bout du nez. 

Seul souci et de taille, il faut encore développer cette voie des biocarburants qui n’en est pour l’instant qu’à son stade embryonnaire en France. Mais ce sont bien les végétaux qui nous donnent l’opportunité d’avancer… Pour les moteurs diesel, les biocarburants font principalement intervenir deux plantes oléagineuses (colza, tournesol) et sont de 2 types : l’huile végétale pure et le diester ou EMVH (huile végétale et méthanol) qui se mélange au gazole. 

En ce qui concerne les moteurs à essence, les biocarburants proviennent de plantes riches en sucre (betterave, canne à sucre) ou en amidon (blé, pomme de terre, maïs) qui permettent d’obtenir des alcools par fermentation : l’éthanol s’utilise pur dans un moteur adapté ou en mélange avec de l’essence dans un moteur classique, l’ETBE (éthyl tertio butyl éther) - mélange d’éthanol et d’isobutène - s’utilise en additif dans l’essence, même chose pour le méthanol et le butanol.

Le drame de la déforestation 

Après ce petit tour d’horizon de ce que font les plantes pour nous faciliter la vie, il n’est pas inutile de constater que - sans jeu de mots - nous continuons à scier la branche sur laquelle nous sommes assis ! Surprenante réalité n’est-ce pas ? Et pourtant… Nous avons vu que les végétaux fournissaient aux animaux et aux plantes l’oxygène nécessaire à la respiration, qu’en faisant office de ‘prison’ au carbone (sous forme de CO2, il est un puissant gaz à effet de serre) ils participaient à limiter le réchauffement de la planète, que la richesse de leur biodiversité était telle qu’elle nous offrait une source inestimable de molécules utilisables en pharmacologie. 

Et ces arguments de poids ne suffisent pas à freiner la frénésie de déforestation qui se s’est emparée des régions tropicales en particulier : on coupe, on brûle, on fait disparaître des espèces – y compris animales qui sont intimement liées à toutes ces forêts -, la biodiversité s’essouffle. Situation alarmante, nous le savons ! Mais sans doute pas encore assez pour changer les bonnes vieilles habitudes ? 

Caroline Lepage (article publié dans le magazine Questions Réponses en 2006)

 

Info en + :

Du méthane ?

Ça, c’est fort ! Alors que nous comptons sur elles pour nous aider à limiter la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère - bref, à freiner l’effet de serre qui contribue au réchauffement de la planète - voilà qu’une étude publiée en janvier dans la revue Nature apporte une surprenante information. L’équipe du chercheur Franck Keppler de l’Institut Max Planck en Allemagne a en effet eu la surprise de découvrir que les plantes émettaient… du méthane. 

Bigre, il s’agit quand même d’un redoutable gaz à effet qui absorbe 20 à 50 fois mieux les rayonnements infrarouges que le dioxyde de carbone, autrement dit qui retient encore plus la chaleur ! Il y a encore quelques mois en arrière, on pensait que le méthane était seulement l’œuvre de bactéries méthanogènes en absence d’oxygène. Normal donc de le trouver dans les zones humides (marais, rizières, etc.), les décharges ou… dans les prés car nos charmants ruminants (nos vaches laitières, surtout !) et leurs flatulences contribuent aussi à la production massive de méthane. 

Ainsi, les plantes produiraient du méthane comme ces bactéries. Voilà une nouveauté qu’il faudra désormais prendre en considération dans les modèles climatiques. Les chercheurs ont estimé que les végétaux pouvaient libérer 62 à 236 millions de tonnes chaque année, soit au moins 10 de la production actuelle voire plus… D’autres études plus approfondies devraient permettre de préciser les choses. Carton rouge pour les plantes donc !  

Les rizières de Bali, île du Sud de l'Indonésie en Asie (émission "Faut pas rêver", France 3)




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