Médecines douces sur la planète des singes ?
C’est à Bornéo qu’une primatologue anglaise a surpris des orangs-outans (Pongo pygmaeus) en train de s’appliquer un baume apaisant sur les membres. Helen Morrogh-Bernard, de l’université de Cambridge en Grande-Bretagne, les étudiait au sud de l’île, côté Indonésie au Kalimentan, quand elle a assisté à la scène la première fois en 2005. Elle raconte ce grand moment dans sa dernière étude.
Une femelle venait de prendre une poignée
de feuilles sur une plante puis les porta à sa bouche pour les mâcher. Elle en
sortit un mélange mousseux de végétaux et de salive. Elle en mit dans sa main
droite puis l’appliqua soigneusement sur l’arrière de son bras gauche, de
l’épaule jusqu’au poignet !
Ebahie, la scientifique était déjà persuadée d’assister
à une forme d’automédication. D’autant plus qu’après usage, les orangs-outans
se débarrassent de ces feuilles. Et pour cause, elles appartiennent à des commelinas,
plantes qui ne font pas partie de leur régime alimentaire. Eux préfèrent les
fruits (même si de temps en temps, ils ne crachent pas sur quelques insectes,
œufs d’oiseaux, morceaux d’écorce ou jeunes pousses végétales).
Curieusement, les autochtones utilisent cette
pommade de la même manière pour traiter les douleurs musculaires et les
hématomes. Une technique qu’ils ont peut-être empruntée aux grands singes
d’après la scientifique…
Extrait du livre Explorations en Terre Animale (publié en 2008, aux éditions EDP Sciences)

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