Système solaire : quand Pluton n'a plus été une planète !

Pluton déchue de son tout puissant statut de neuvième planète du Système Solaire ? Une "descente en grade" qui s'est produite le 24 août 2006... Un peu comme si vous, vous perdiez votre rang d'être humain au sein de l'Humanité, ou encore de Terrien sur notre chère planète bleue, la Terre. Pauvre planète Pluton, oups, pardon, pauvre planète naine Pluton ! Car oui, c’est une sacrée révolution. Découverte en 1930 (seulement !), Pluton a donc été virée du Club tranquille dans lequel elle cohabitait dans notre système solaire avec ses "ex-collègues" Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Dur, dur de rendre le tablier, surtout pour les fans de Pluton sans doute désolés d'apprendre cette nouvelle en août. Mais même en astronomie, "la famille", c'est sacré...

La nouvelle est tombée jeudi 24 août (2006). Pluton, après 76 ans de bons et loyaux services vient d’être mise à la porte du club très fermé des planètes du Système Solaire. Ordre de l’Union Astronomique Internationale (UAI) ! Hier, elles étaient 9, aujourd’hui, elles ne sont plus que 8. Une décision qui surprend, voire attriste, le grand public et rappelle à qui oserait l’oublier que n’est pas planète qui veut… Question, qui peut alors prétendre à ce titre ? Réponse : « un corps céleste, en orbite autour du Soleil, qui a une masse suffisante pour que sa gravité l’emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique, sous une forme presque sphérique, a éliminé tout corps susceptible de se déplacer sur une orbite proche ».

Le métier de « Planète », un job difficile dans l'esprit des humains

Compliqué mais les critères de l’UAI sont stricts désormais. Pas de traitement de faveur pour dame Pluton qui doit se contenter d’être reléguée au nouveau rang dit de planète naine, avec Charon, 2003 UB313 (Xena) et Cérès. Planète naine, quézaco ? « Un corps céleste, qui est en orbite autour du Soleil, a une masse suffisante pour que sa gravité l’emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique, sous une forme presque sphérique, n’a pas éliminé tout corps susceptible de se déplacer sur une orbite proche, n’est pas un satellite ». Ah évidemment alors, si on prend les choses sous cette angle… Partie dés le départ avec un handicap, il faut bien avouer que la pauvre Pluton était sur la sellette depuis des années. Et son parcours du combattant pour figurer aux côtés des ‘grandes’ s’est hélas achevé par un échec !

Pour elle, l’aventure a commencé un 18 février 1930 en Arizona sous les yeux ébahis du jeune astronome Clyde Tombaugh (étant l’unique planète découverte par un Américain, elle représentait la fierté des Etats-Unis). A l’époque, on l’imaginait plus grosse qu’elle ne l’était en réalité et pour cause, elle brillait tant dans le ciel... Finalement, son diamètre ne dépassait pas 2274 km. Les astronomes l’ont rapidement trouvée différente : elle était une petite boule de glace au cœur rocheux. Rien à voir en effet avec les planètes telluriques (Mercure, Vénus, la Terre, Mars), proches du Soleil, et les géantes gazeuses éloignées, elles (Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune) ! Bizarre encore, son orbite excentrique - et non circulaire - inclinée de 17° par rapport à l’écliptique, plan sur lequel se retrouve les orbites de ses ex-copines...

Il faut 248 ans à Pluton pour faire le tour du Soleil, duquel elle se tient d’ailleurs bien à distance, n’en approchant jamais à moins de 4,4 milliards de km. Elle en profite durant 20 ans pour effectuer un passage ‘éclair’ dans l’orbite de Neptune. Autre particularité, les liens très étroits qu’elle entretient avec sa lune Charon. Enfin, pour couronner le tout et semer définitivement la zizanie dans son existence, elle doit faire face aux trouble-fêtes cachés juste derrière elle, dans la fameuse ceinture de Kuiper (un anneau d’astéroïdes qui borde le système solaire au-delà de l’orbite de Neptune). En effet, les chercheurs y ont découvert des corps de si grande taille - en particulier 2003 UB313 surnommé Xena (mensurations ? environ 2400 km de diamètre) découvert par l’Américain Mike Brown en janvier 2005 sur un cliché datant de 2003 - qu’il fallait prendre une décision. Si Xena était plus gros que Pluton, il était logique de lui accorder le statut de planète, non ?

Un vote à main levée

Pour les scientifiques, outre celle du cœur, il n’y avait que deux solutions envisageables... La 26e assemblée générale de l’UAI démarrée le 14 août 2006 à Prague devait se solder par le mot de la fin sur cette épineuse question. Ces derniers jours, un bruit courait : les astronomes allaient accepter un système solaire à 12 planètes, ajoutant Charon, Xena et Cérès au club des 9… Info ? Intox ? Les 2500 experts en astronomie venus de 75 pays ont tranché par un vote à main levée, un vote ‘sanction’ contre Pluton, exclue pour toujours du clan très fermé des planètes du système solaire. Peu importe, elle le reste dans le cœur des passionnés et puis, cette planète naine - comme il faut désormais l’appeler - ne nous a pas encore livré tous ses secrets. La mission New Horizons de la Nasa devrait nous en dire plus... Mais il faudra se montrer patient car la rencontre entre la sonde et Pluton n’aura pas lieu avant 2015 !

Caroline Lepage (Mersea Planète, 2006)


David Guetta "Megamashup by DJs from Mars" (2018)

 


MUSIQUE, TECHNO, SON, NUMERIQUE, I.A., TRANSPORT, ESPACE
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