L'écrivain, le cancer et la mort

Le dimanche soir réserve parfois son lot de surprises cinématographiques pour les écrivains, caste "professionnelle" dont j'ai le privilège et l'honneur de faire partie depuis 2006. Même si la chose est très rare... Mais ça arrive. Ainsi, les gens qui écrivent des livres sont toujours intéressés par les films sur ? Les gens qui écrivent des livres. Oui, oui ! Je n'échappe pas à la règle. Aussi, lorsque "Le bruit des glaçons", de Bertrand Blier, est sorti au cinéma en 2010, j'ai immédiatement eu envie d'aller le voir.

Mais les aléas de la vie, les tracas, le temps qui passe, etc. Surprise, mon vœu fut exhaussé un dimanche soir, alors que je songeais justement à regarder le film en VOD dans la semaine. D'autres s'étonneraient de ce hasard. Moi pas. Tout vient à point à qui sait attendre, dit-on. Alors ? Aborder des thèmes aussi délicats que la maladie et la mort, avec humour et poésie, du grand art Blier... Le « pitch » ? Dans le sud de la France, autour d'une piscine occupée par une sorte de poupée russe en guise de sirène, une étrange relation se noue entre Charles et le cancer.

Le premier (joué par Jean Dujardin) est un grand écrivain, prisonnier de sa bouteille de blanc et de ses échecs amoureux. Le second (Albert Dupontel) est une immonde tumeur au cerveau, "pot de colle" au vomi vert fluo ! Il suit l'écrivain partout, du salon au bureau, se glissant avec lui jusque dans son lit. Il le harcèle à coups de répliques choc : « L'homme est un château de cartes, il suffit de souffler dessus pour que tout s'écroule ! ». Son intention est bien de l'entraîner en enfer au plus vite, sans lui laisser la moindre chance d'échapper à ce macabre destin. Seulement, la proie n'en a pas envie.

Et puis, imprévu : « je me souviens de cette femme en noir qui suivait tous nos gestes », des mots qui iraient bien à la plume de Charles. Mais contrairement au sens qu'ils ont dans leur livre d'origine, ils ne désignent pas une malveillante présence tapie dans l'ombre... Louisa, qui porte le noir sans porter le voile, suit effectivement tous les faits et gestes de l'écrivain, toute remplie de bienveillance à son égard. « Cette femme est dangereuse, elle est en train de tisser sa toile » se fâche le cancer, vexé de se voir imité. Malgré une surveillance de tous les instants, dans la chaleur d'un feu de cheminée, Charles et Louisa parviendront à briser la glace

Ils s'uniront sous les yeux du mal, trouvant même le moyen de communiquer pendant l'acte sexuel dans un langage incompréhensible ! Finalement, Le bruit des glaçons est loin d'être un film froid sur la mort. C'est aussi une subtile histoire d'amour dont le romantisme en a certainement fait rêver plus d'un, ou plus d'une... A voir et à revoir, ne serait-ce que pour découvrir comment vaincre le cancer sans passer forcément trop vite par la case cimetière ("aux oubliettes", pour l'écrivain). Et si vous n'aimez toujours pas lire après ça, gardez précieusement votre téléphone portable. Même s'il n'est pas certain qu'il vous donne un jour le remède miracle pour échapper à la mort...   

Caroline Lepage (article rédigé pour mon ancien blog Mersea Planète)

"Le bruit des glaçons", avec Jean Dujardin et Albert Dupontel (un film de Bertrand Blier, 2010)

La protéine P53, "arme" anti-cancer naturelle de l'organisme (2022)  

Murray Head, "One night in Bangkok (From Chess)" (1984)

Albator, le corsaire de l'espace (1980, Récré A2)

SANTE, PSYCHO, MEDECINE, RECHERCHE, BIOLOGIE
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