La mangrove en danger !
A la frontière entre terre et océan, cette forêt est très précieuse. Aujourd’hui, elle est menacée : 3,6 millions d’hectares de mangroves ont disparu en 25 ans ! Il en reste 15,2 millions. La FAO tire la sonnette d’alarme…
Par leur situation
privilégiée dans les régions tropicales, les mangroves jouent un rôle tampon
entre les eaux côtières et le continent. On en parle peu, sans doute parce qu’elles
paraissent inhospitalières - voire désertes à première vue - et ne sont pas
suffisamment valorisées en tant qu’attraction touristique. Erreur, qui ne
les a jamais visitées doit le faire au moins une fois dans sa vie pour juger !
Certes, le milieu est hostile, mais c’est ce qui rend la faune et la flore si fascinantes. Car les espèces ont dû trouver d’improbables ruses pour s’y adapter. Le sol est vaseux, pauvre en oxygène, l’immersion, récurrente au rythme des marées, l’eau, saumâtre. Pas franchement le paradis pour les plantes…
Trésor biologique
Seul le palétuvier a su tirer son épingle du jeu pour s’imposer. Il est un refuge pour de nombreux oiseaux, ibis rouges, aigrettes, hérons et compagnie. Un régal pour les fans d’ornithologie ! Dans ce dédale végétal vivent d’autres animaux surprenants tels le périophtalme, poisson qui préfère être perché en l’air sur une racine que barboter dans l’eau, et une foule de crabes dont l’emblématique crabe violoniste qui doit son nom à sa pince disproportionnée.
Indispensable aux récifs coralliens, la mangrove sert de nurserie aux poissons, et même à certains requins. Y grandir avant de repartir au large est un choix judicieux, pour la sécurité et l’abondante nourriture. Grâce aux racines des palétuviers, excellents supports de fixation, les coquillages (huîtres, moules, etc.) abondent. Les crevettes aussi. Certaines mangroves accueillent des crocodiles. Mais le véritable empereur de cet écosystème est bien sûr le lamantin.
Bouclier naturel
Bref, cette "forêt littorale" est vitale pour la faune marine et fait office de garde-manger toujours plein ! Qualités qui n’ont pas échappé aux pêcheurs… Ainsi, d’un point de vue économique, c’est une vraie mine d’or. D’après un rapport du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) publié en 2006, chaque kilomètre carré rapporterait 135 000 à 600 000 euros par an.
Hélas, la mangrove
souffre : de la pollution d’abord, étant souvent située à proximité de
zones urbaines, mais surtout de la déforestation (pour l’exploitation du bois,
ou en faire des espaces dédiés à l’aquaculture ou à la riziculture en Asie). Et
là, c’est une catastrophe car elle sert de barrière contre la houle et protège
les côtes de l’érosion.
D’ailleurs, elle a fait ses preuves au cours du terrible tsunami de 2004. Des études ont montré qu’en zones les mieux préservées, elle avait considérablement ralenti la vague meurtrière. Résultat, moins de dégâts matériels et tant de vies épargnées…
Vite !
Sans compter que le
réchauffement climatique accentue la violence et la fréquence des ouragans. Sa
présence est donc essentielle. Or, très mauvaise nouvelle, la FAO annonce dans
son dernier rapport la perte de 20% de sa superficie entre 1980 et 2005,
qualifiant cette disparition d’« alarmante »
pour bien souligner l’urgence !
Caroline Lepage (2008)
Busy Signal "Jamaica Jamaica" (2020)
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Racines
et tubas




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