Pourquoi le lamantin cherche-t-il le contact humain ?
Chanceux plongeurs qui ont pu barboter avec le mythique lamantin ! Tous le savent bien : ce mammifère marin si dodu, surnommé vache de mer pour son côté super herbivore dans les prairies sous-marines est tout sauf craintif, en particulier avec les amoureux de la randonnée palmée (snorkeling). Les chercheurs ont enfin une explication à cette effusion de sentiments apparents...
En Floride, le lamantin est une star ! Cet état, le plus au sud des Etats-Unis est sans doute le "meilleur spot au
monde" pour partager un délicieux moment avec le Sirénien, herbivore, au cœur de
la mangrove. D’ailleurs, dans les Keys, celui qui n’a pas sa boîte aux lettres
en forme de lamantin au pied de sa maison est un vrai ringard, sachez-le.
Pourquoi un tel engouement pour ce mammifère marin rondouillard ? Justement en raison de son physique attachant qui inspire sympathie, douceur, innocence, et de l’accueil chaleureux qu’il réserve à ceux qui viennent le saluer dans l’eau. Son premier réflexe : avancer museau devant, histoire de se frotter à ces curieux visiteurs équipés de palmes, masque et tuba.
Leur conclusion ? Le
lamantin, avec ses yeux minuscules, a une très mauvaise vue. Mais l’évolution a
compensé ce handicap en le dotant d’un fabuleux sens du toucher. Le corps de ce
nounours marin est en effet couvert de poils particuliers ayant la fonction de détecter
les moindres modifications de son environnement. La plupart des mammifères n’ont
de récepteurs si perfectionnés qu’entre les narines et la bouche - il s’agit des
moustaches - le lamantin, lui, en a partout. Quant à ses propres moustaches,
elles sont encore plus performantes…
Du coup, notre ami a un sens de
l’orientation hors normes dans les eaux rarement limpides qu’il fréquente. A
tel point que ses talents de navigateur sont reconnus par tous dans le
labyrinthe marécageux des Everglades ! Des études réalisées sur son
cerveau ont confirmé cette idée : le lamantin possède une aire cérébrale
dédiée au toucher plus étendue que chez les autres mammifères.
Caroline Lepage (article publié dans la revue Plongée Magazine en 2007)

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