Charles Darwin (1809-1882), savant anglais obstiné au service de l’Evolution
De lui, son père disait qu’il était un cancre. Préférant papillonner dans la nature plutôt qu’étudier sur les bancs des salles de classe, qui aurait pu prévoir que Charles Robert Darwin allait un jour poser les fondements de la biologie ! Rencontre avec un grand Homme.
Angleterre, 12 février 1809. Susannah et le docteur Robert Darwin accueillent leur 5e enfant, Charles. Le bambin aura plus tard un certain talent pour l’école buissonnière. Courir après les animaux, vagabonder dans les bois. Diantre, ce n’est pas ainsi que l’on devient un honnête homme ! Mais à Edimbourg en étudiant la médecine ? Robert l’espère… en vain.
Croisière
Et si Charles devenait pasteur ? Direction Cambridge en 1828. Peine perdue. Son ‘cancre’ de fils préfère collectionner les insectes, chasser le gibier, et traîner dans les dîners. Encouragé par le botaniste John Stevens Henslow qui le recommande à Mr FitzRoy Capitaine du Beagle, il s'engage, avec l’accord de son père, dans une expédition maritime de cartographie des côtes sud-américaines.
Les pinsons
Mais
puisque même son célèbre grand-père Erasmus et Jean-Baptiste Lamarck, à propos
duquel Charles écrira « le premier, il rendit à la science l’éminent
service de déclarer que tout changement dans le monde organique, aussi bien que
dans le monde inorganique, est le résultat d’une loi, et non d’une intervention
miraculeuse », ont adopté un autre mode de pensée, pourquoi pas lui ?
De retour en 1836, Darwin échafaude les piliers de sa grande théorie, s’appuyant sur les travaux de son ami Charles Lyell qui remet en cause le catastrophisme et soutient que la surface de la planète est modifiée en permanence par des forces naturelles. Darwin, lui, pense carrément que les espèces évoluent pour s’adapter à leur environnement. La preuve en est : les fossiles qu’il a observés sont légèrement différents des animaux actuels ! Lyell, qui apprend qu’un jeune naturaliste britannique, Alfred Russel Wallace, arrive aux mêmes conclusions, presse Darwin de publier son œuvre ‘Sur l’origine des Espèces’.
Evolution : une Révolution ?
Comment ose-t-il supposer une origine commune à toutes les espèces, une sélection et une évolution des organismes ? « J’ai causé avec beaucoup de naturalistes sur l’évolution, sans rencontrer jamais le moindre témoignage sympathique. Il est probable pourtant que quelques-uns croyaient alors à l’évolution, mais ils restaient silencieux, ou ils s’exprimaient d’une manière tellement ambiguë, qu’il n’était pas facile de comprendre leur opinion » confiera Darwin. Le ‘hic’, c’est cette ombre au tableau : comment démontrer la transmission d’une évolution à la génération suivante ? La solution viendra de Gregor Mendel, autrichien… spécialiste des croisements sur les petits pois.
Il démontrera en 1866 les lois de l’hérédité et la transmission de caractères. D’autres découvertes sur les gènes et l’ADN donneront raison à l’audacieux Darwin. Sa dernière trouvaille fit bondir l’Eglise : "l’homme qui descendrait du singe" ? Allons ! En 1925, John Scopes, professeur de biologie dans le Tennessee (USA), enseigne la théorie de l’Evolution, et non celle de la Création Divine. Soutenu, il sera pourtant condamné à verser une amende de 100 $ ! En 2005, qu’en dit la Science ? On vient d’achever le décryptage du génome du chimpanzé. Et il est identique à 99%... au nôtre !
Caroline Lepage (article publié dans le magazine Questions Réponses en 2006)
La Planète des Singes (1968)
Bun Hay-Mean (1981-2025) "Le Chinois marrant" au Montreux Comedy Festival en Suisse (2016)
Darwin, une vie de scientifique
1809 : né à Shrewbury.
1825 – 1827 : études de médecine à
Edimbourg.
1828 – 1831 : études de théologie à
Cambridge.
1831 – 1836 : expédition à bord du Beagle.
1838 – 1841 : secrétaire de la Société
Géologique, membre de la Royal Society de Londres en 1839, et de l’Académie des
Sciences de France en 1878. Il épouse sa cousine Emma Wedgwood et aura 10
enfants.
1842 : il rédige un ouvrage sur la géologie
des Récifs de corail, l’Amérique du Sud (1851), les îles volcaniques (1854) et les
crustacés cirripèdes.
1859 : il publie sa célèbre théorie
‘L’origine des espèces par la sélection naturelle’ et bien d’autres (‘Descendance
de l’homme’, etc.).
1882 : il meurt le 19 avril des suites d’une
maladie cardiaque.
Des
Américains opposés au "so British" Darwin
Aujourd’hui, la théorie de l’évolution fait l’unanimité. Sur elle reposent les principes de la biologie enseignés dans le monde entier. Une reconnaissance qui n’est pas du goût d’une certaine population américaine ultra-conservatrice... Ah, les Etats-Unis ! Outre Atlantique donc, le créationnisme a encore des partisans. Caché sous les termes ‘dessein intelligent’ (ID) et ‘intelligence supérieure’, il est défendu avec ferveur, y compris par George W. Bush. « Je pense que l’éducation doit exposer les gens à différentes écoles de pensée » a-t-il dit. Stupéfaction parmi les chercheurs et les journalistes soutenant la théorie de Darwin !
Un procès est en cours à ce sujet entre
l’administration scolaire et des parents d’élèves qui veulent démontrer qu’il
s’agit d’une vision religieuse reprenant le créationnisme, et que conformément
à la décision de la Cour Suprême en 1987, elle ne peut être enseignée. Darwin et sa science du "Darwinisme" du 19e siècle n'ont pas fini de faire grincer des dents chez ses opposants !
CULTURE, LECTURE, TELEVISION, CINEMA, EDUCATION





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