Faune d'Afrique : la disparition inquiétante des "super-véganes"
Girafes
5 m de haut, voici l’élégante girafe. Il n’existe qu’une seule espèce (Giraffa camelopardalis) et 8 sous-espèces autrefois plus répandues sur le continent. La preuve, il y a 1400 ans, on les rencontrait au Maroc ! A la fin du XIXe siècle, on les trouvait en Gambie, au Mali, au Niger, Nigeria, en Mauritanie et au Sénégal. Puis elles ont commencé à disparaître… Aujourd’hui, elles occupent quelques régions depuis l’Afrique Centrale jusqu’au sud et se trouvent en plus forte concentration en Tanzanie.
Parfois chassées de façon illégale (peau, viande, queue), elles sont cependant sous protection et ne sont pas menacées directement comme peuvent l’être d’autres animaux. Adultes, elles n’ont pas de prédateurs attitrés si ce n’est le lion qui profite de la vulnérabilité des plus jeunes… Toutefois, leur territoire diminue d’années en années. Et les petites populations comme celle du Niger sont fragiles. Si en effet les girafes se reproduisent plutôt bien, le braconnage ou les sécheresses à répétition peuvent les menacer sérieusement.
Zèbres
Rhinocéros
Le rhinocéros, protégé par son inscription à l’Annexe I de la CITES -commerce interdit- est hélas célèbre pour demeurer la cible des braconniers. Malgré une haute surveillance des autorités… Objet de cette chasse scandaleuse perpétrée en Afrique et en Asie qui compte 3 espèces de ‘rhinos’ ? Les cornes faites de kératine (comme nos ongles !) pour la plupart vendues en Extrême-Orient sous forme de poudre à laquelle on prête d’improbables vertus aphrodisiaques, et au Moyen-Orient comme manche de poignard.
Par ailleurs, cet imposant herbivore souffre de la perte de son habitat et des conflits générés lorsqu’il s’aventure chez les humains en faisant parfois des victimes (Népal). Ainsi, localement, aucune des 2 espèces africaines – rhinocéros noir (Diceros bicornis) au Cameroun et rhinocéros blanc (Ceratotherium cimum) en RDC - n’est à l’abri du risque d’extinction. Mais il y a des raisons de rester optimiste à l’échelle continentale. Certes, les rhinos noirs étaient 2400 au milieu des années 90 contre 65000 dans les années 70, mais ils sont aujourd’hui 3600. Quant aux rhinos blancs, on a frôlé l’extinction avec 50 individus au début du XXe siècle et ils sont à présent 11000. Comme quoi !
Grands singes
Gorilles, chimpanzés, bonobos… Nos plus proches parents, habitants d’Afrique (et d’Asie : orangs-outans) sont sans doute les animaux dont l’avenir est le plus préoccupant ! Cauchemar insoutenable d’autant plus que nous sommes directement responsables de cette tragédie annoncée. Cinq mots suffisent à la résumer : déforestation, braconnage (viande de brousse), conflits armés et épidémies (virus Ebola).Parlons chiffres : il y avait un million de chimpanzés en Afrique dans les années 1960, désormais ils ne sont plus que 300 000, la population de bonobos en RDC est estimée à 15000 individus contre 100 000 en 1990, celles des gorilles des plaines entre RDC et Nigeria à 110 000 et des gorilles des montagnes (Rwanda, Ouganda, RDC) à 700. Les biologistes ne cessent de tirer la sonnette d’alarme craignant que les grands singes ne disparaissent totalement dans le demi-siècle à venir. Il faut réellement intensifier les efforts pour que ces animaux puissent continuer à vivre à l’état sauvage. La preuve cette fois-ci que toutes les espèces ne sont pas logées à la même enseigne en matière de conservation…
Caroline Lepage (article publié en 2006 dans le magazine Questions-Réponses)
850 hippos
Rarement, nous prenons conscience de la relation forte qui unit la nature à l’homme. Le drame qui se joue sur les bords du Lac Edward en RDC devrait nous rappeler à l’ordre… Ce lieu fait partie du grand parc national des Virungas, lequel accueillait plus de 29000 hippopotames au début des années 70. A cette époque, 10 000 barbotaient dans les eaux du Lac. Aujourd’hui, catastrophe ! Le parc bordé par le Rwanda et l’Uganda compte seulement 850 têtes, dont moins de 600 survivants dans le Lac Edward. Que s’est-il passé ?
Les guerres civiles ont plongé la région dans le chao, la pauvreté et accentué le déclin de ces gros animaux. Les ventes au marché noir de viande (0,55 à 1,10 $ le kilo) et de dents pour le commerce illégal d’ivoire n’ont fait qu’aggraver les choses. Inacceptable du point de vue de la perte d’une espèce extraordinaire, mais aussi du fait que les ‘hippos’ contribuent largement à la santé du Lac ! Ils le fertilisent.
Comment ? Chacun d’entre eux engloutit quotidiennement jusqu’à 40 kg de végétaux et rejette 27 kg d’excréments dans l’écosystème aquatique, fournissant la matière organique au plancton qui lui-même alimente larves et vers consommés par les poissons. En bout de chaîne, des milliers de personnes qui vivent de la pêche et voient ressources alimentaires et revenus fondre… La situation pour les hippopotames demeure instable car les rangers disposent de peu de moyens pour les défendre face aux braconniers.
La Planète des Singes 3 "Suprématie" (2017)
Talk Talk "It's my Life" (1983)



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