Grèce : Hippocrate, "père de la Médecine"

Les philosophes Platon et Aristote ont cité Hippocrate. Galien, grand médecin grec du IIe siècle, a suivi ses principes. Tous trois ont largement contribué aux connaissances qu’on a de lui aujourd’hui. Même au XXIe siècle, qui n’a pas entendu parler du fameux serment d’Hippocrate ? Cependant, peu de gens savent qui était vraiment cet humble monsieur. D’ailleurs, avouons-le carrément, il persiste des zones d’ombres sur sa vie. On sait au moins une chose : l’Humanité et l’environnement semblaient avoir une grande importance dans la pratique de son métier…

Un brin philosophe, Hippocrate est surtout un médecin grec ancien (-460 à –377 av. J.-C.) réputé. Il a marqué non seulement le Ve siècle avant Jésus-Christ mais la médecine elle-même comme elle est pratiquée de nos jours. Pendant l’Antiquité, nombreux sont ceux qui ont entrepris de rédiger sa biographie

Seul problème, pour se fier à leur travail, il faut faire le tri entre mythe et réalité. Célèbre comme le loup blanc, sa renommée nourrissait l’esprit des plus créatifs... D’autant plus qu’il était originaire de l’île de Cos en mer Egée, et héritier des Asclépiades, prêtres médecins apparentés selon la légende au dieu Asclépios !

De père en fils

Plus objectivement, il acquiert son savoir auprès de son père Héracleidès. A cette époque en Grèce, on est médecin de père en fils. Mais Hippocrate ne voit pas son activité comme elle pouvait être pratiquée par les Asclépiades. Bien décidé à jeter le surnaturel et le mystique au placard, il se consacre à une médecine beaucoup plus rationnelle et fondée sur l’observation. Pour lui, la maladie a inévitablement une cause naturelle qu’il faut identifier pour soigner le patient. Il entreprend de diffuser cette manière de penser au sein de l’école de Cos. La naissance de la médecine hippocratique est en marche… 

Les disciples, parmi lesquels ses deux fils, financent les enseignements et s’engagent en acceptant les termes du célèbre serment d’Hippocrate. Dans sa première partie, celui-ci précise que l’élève doit subvenir aux besoins de son maître s’il vient à connaître des difficultés et dans la seconde, il énumère les devoirs qu’aura le futur médecin envers ses patientsLa médecine hippocratique s’oppose aux théories très en vogues à l’époque qui attribuent au cœur le siège des émotions, des sentiments et de la réflexion. Pour elle, tous ces éléments naissent dans le cerveau

La déontologie médicale fait ses premiers pas ! Rappelons qu’alors, dans le pays du Maître, il n’y a aucune médecine officielle ni même aucune obligation pour s’installer à son compte. La voie est toute ouverte aux charlatans… Et pour faire la différence, il faut avoir du bagout et persuader le public de ses talents. C’est bien ainsi que se remplit le cabinet médical : sur la renommée.

Le Corpus Hippocratique

Il réunit une soixantaine de traités médicaux attribués à Hippocrate qui abordent de multiples sujets. On sait que seuls quelques-uns ont réellement été rédigés par la main du maître. Leur écriture s’étale en effet entre -450 et -350 avant J.-C. Certains sont l’oeuvre du gendre d’Hippocrate, Polybe, et les autres ont été réalisés vraisemblablement par des enseignants des écoles de Cos et de Cnide. L'un d’entre eux, intitulé "Du Médecin", dépeint le portrait du médecin typique de la médecine hippocratique. 

« Le médecin doit avoir de l'autorité. Il aura une bonne couleur et de l'embonpoint suivant ce que comporte sa nature. Car la foule s'imagine que ceux dont le corps n'est pas aussi en bon état ne sauraient pas soigner convenablement les autres. Puis il sera d'une grande propreté sur sa personne : mise décente, parfums agréables, à l'odeur discrète. Ses moeurs seront honorables et irréprochables et, avec cela, il sera pour tous grave, humain, équitable ; car l'empressement précipité excite le mépris, quand même il serait tout à fait utile. ». Le thérapeute est donc un homme droit qui soigne son apparence pour paraître respectable, être respecté et en homme sage et modeste, se rend disponible et à l’écoute de ses malades.

Déséquilibre

La base de cette médecine antique repose sur l’équilibre du corps et la surprenante théorie des humeurs : bile jaune, bile noire, pituite et sang. La maladie survient lors de la rupture de cet équilibre. Pour quelles causes ? Les mêmes que l’on pointe enfin du doigt aujourd’hui : alimentation, relation à la nature, etc. Le médecin doit donc être à l’affût des conditions environnementales qui entourent ces patients. 

Ainsi, peut-on lire dans le traité intitulé Des airs, des eaux et des lieux : « Celui qui veut approfondir la médecine, doit faire ce qui suit : il considèrera d’abord les saisons de l’année et l’influence respective que chacune d’elles exerce […] puis il examinera quels sont les vents chauds et froids, surtout ceux qui sont communs à tous les pays, ensuite ceux qui sont propres à chaque localité. Il est nécessaire aussi de connaître la qualité des eaux, qui, si elles diffèrent par la saveur et par le poids, n’en diffèrent pas moins par leurs propriétés ». Décidément, Hippocrate était bien clairvoyant et très en avance sur son temps de ce point de vue ! Après avoir parcouru le Bassin Méditerranéen, il s’est installé en Thessalie où il est mort dans la ville de Larissa.

Caroline Lepage (article publié dans le magazine Questions Réponses, 2006)


Asclépios, Dieu de la Médecine !

Les médecins lui doivent leur caducée, signe représentant un bâton autour duquel s'enroulent deux serpents en sens inverse. En effet, Asclépios est toujours représenté avec ses attributs : un serpent, un coq, une coupe et un bâton. Fils d’Apollon et de Coronis (fille de Phlégyas, roi de Boétie), Asclépios chez les Grecques - Esculape chez les Romains - était très célèbre dans la mythologie. Dieu de la médecine, ses connaissances sur les plantes était telles qu’il pouvait, disait-on, ramener un mort à la vie. Ce pouvoir aurait provoqué la colère d’Hadès, Dieu des Enfers, qui fit un scandale auprès de Zeus. Ce dernier exécuta Asclépios dans un tonnerre de foudre

Le serment d’Hippocrate

Il n’est pas certain qu’Hippocrate en soit l’auteur. La version traduite au XIXe siècle par Emile Littré est la plus célèbre. Elle dit en particulier ceci : « Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice […]. Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté […]. Quoi que je voie ou entende dans la société pendant l’exercice ou même hors de l’exercice de ma profession, je tairai ce qui n’a jamais besoin d’être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas. ». La valeur éthique que contient ce serment explique qu’il ait été adopté - mais aussi revu et corrigé - par les médecins actuels. Tout un symbole !


Et donc, pour la santé, vive le régime Méditerranéen !!! 
                                                                       😁😎💪😍

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SANTE, PSYCHO, MEDECINE, RECHERCHE, BIOLOGIE

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