Déforestation : demain, une planète toute "nue" ?
Pour analyser un problème sous toutes ses coutures, quoi de mieux qu'une vue d'ensemble ? Depuis plusieurs années déjà, on entend parler de la déforestation par incendies volontaires, abattages massifs, ainsi que des conséquences dramatiques que cela peut avoir à l'échelle planétaire (accélération du réchauffement climatique par augmentation des émissions de CO2, érosion des sols, destruction de l'habitat d'animaux et d'autres plantes, etc.).
Michael Jackson "Earth Song" (1995)
Ainsi, on savait qu'une quantité d'arbres colossale avait disparu pour toujours de la forêt amazonienne. Et pourtant, on était si loin du compte... Un peu de recul - beaucoup même puisque nous voici dans l'espace - un coup d'oeil jeté régulièrement entre 1999 et 2002 par les 'paparrazzis technologiques' de la NASA -Landsat-7, Terre et Earth Observing-1- restés en orbite autour de la Terre et l'évidence nous explose à la figure !
L'homme est allé trop loin. Au Brésil qui abrite 70% de la forêt amazonienne, les coupes sélectives illégales d'espèces (plus de 35) très recherchées, telles que les acajous, 'déshabillent' plus vite que prévu la région. Les meubles en bois précieux se font dans le monde à la vitesse à laquelle... 'fond' la forêt. Sur les 4 années d'observation, elle aurait perdu 12 000 à 21 000 km² par an à cause de cette déforestation sélective selon la Carnegie Institution qui a dirigé ces recherches.
Jusqu'ici, on ignorait l'ampleur des dégâts causée par ce phénomène, tout simplement parce que les satellites n'étaient pas assez élaborés pour 'percer' l'épais tapis de verdure. Impossible de savoir ce qu'il se produisait aux étages inférieurs de la forêt brésilienne. La haute technologie - un allié sur lequel on peut désormais compter dans le développement durable - est arrivée à la rescousse, mettant à la disposition des experts des systèmes optiques de haute résolution. En effet, les chercheurs de la Carnegie Institution ont mis au point le CLAS (Carnegie Landsat Analysis System) qui leur a permis d'obtenir des données bien plus fines qu'auparavant. Pour eux, la surprise a été de taille.
L'Amazonie perdrait en réalité chaque année l'équivalent d'un peu moins de 5% de la superficie de la France, sans compter les bouleversements que cela entraîne au niveau de l'écosystème tout entier ! Que vont devenir les organismes -animaux et végétaux- dont la survie dépend de ces arbres ? Combien d'autres espèces vont rapidement s'éteindre ? On l'ignore mais ce dont on est sûr, c'est qu'il manque aujourd'hui, 'grâce' aux activités humaines, 632 000 km² de forêt amazonienne au Brésil...
Caroline Lepage (article publié pour le site web Sur La Toile, 2006)
Deep Forest "Madazulu" (1998)
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