Petite santé ! Hashimoto ? Mais quel rapport avec l'Asie, en particulier le Japon ?
Signé Cat's Eyes (1983)
En effet, loin des remèdes de grands-mères dont certaines d'ailleurs portaient encore l'horrible goître il y a peu dans nos campagnes, la médecine occidentale "traditionnelle", française surtout (car à l'étranger, ce peut être différent), a toujours la même réponse en cas d'hypothyroïdie : chimie de synthèse, et donc hormones de synthèse. Le médicament prescrit s'appuie de fait sur la même molécule de base depuis plusieurs décennies : l'hormone thyroïdienne « artificielle » appelée lévothyroxine par les pharmaciens qui, grâce à leurs nombreuses années d'études supérieures, s'y connaissent beaucoup plus en biochimie que leurs vieux patients et nouveaux malades. Comme ils ont plus de connaissances botaniques sur les champignons d'automne des cueilleurs du dimanche d'ailleurs. Mais rien à voir avec Hashimoto, au fond... Monsieur Hashimoto !
Il s'appelait Hakaru Hashimoto. Quasiment un nom de star de manga ou de héros du kung-fu qui aurait pu faire peur, même à Sangoku, garçonnet à queue de singe qui faisait tant rigoler les enfants du Club Dorothée lorsqu'il se gavait à la hâte d'un bol de nouilles (ou de soupe ?). Il fallait bien prendre quelques forces, avant de suivre tant bien que mal quelques cours d'arts martiaux dispensés généralement en pleine nature par un Tortue Génial parfois un poil farfelu... Vénérable maître en arts martiaux et presque artiste de la transformation d'un misérable corps de vieux chétif presque déprimant : une petite colère et hop, le vieillard se voyait gonflé de partout, au point d'avoir pour quelques temps seulement un corps bodybuildé de Chippendale. Très impressionnant ! Dragon Ball, le Japon déjà, une découverte parmi tant d'autres qui n'avait rien de pathologique, elles...
Hakaru Hashimoto est né en 1881 dans l’Est du Japon à quelques kilomètres d’Iga-Ueno. Il est le descendant d’une longue lignée de médecins. En 1903, il intègre la Faculté de médecine de l’Université Impériale de Kyusyu dans le sud du pays. Étudiant pendant quatre années au premier département de chirurgie, il analyse les tissus de goitres prélevés sur quatre patientes. Ce qu’il voit au microscope lui semble tout à fait inhabituel. Il n’en trouve aucune trace dans la littérature scientifique. Constatant entre autres au sein de la glande thyroïde une infiltration de cellules lymphoïdes – des lymphocytes – et la formation de follicules lymphoïdes, il décide de baptiser la pathologie « struma lymphomatosa ». Alors âgé de 31 ans, il en effectue une description détaillée parue en 1912 dans la revue allemande Archiv Für Klinische Chirurgie.
C'est ainsi que Sandrine, maman d'un petit garçon a enfin pu mettre un nom sur sa maladie, grâce à leur dosage. « En 2007, je souffrais d’une curieuse paralysie du dos. Travaillant dans le commerce, le contact avec le public n’est pas de tout repos. Mais en réalité, j'étais en hypothyroïdie ! J'ignorais pourquoi, simplement j'étais sous traitement depuis. Le plus surprenant, c’est que j’ai appris l’origine de mon problème il y a quelques mois à peine ! C’est une thyroïdite de Hashimoto. On ne m’avait jamais prescrit l’analyse des auto-anticorps auparavant. C’est moi qui l’ai demandé suite à une discussion avec une personne atteinte de la même maladie. ».
Adaptation d'un court extrait de mon livre « Thyroïde, enfin le traitement qui sauve » (Six millions de Français mal soignés ?) paru aux éditions du Moment en 2014.
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