Petite santé ! Hashimoto ? Mais quel rapport avec l'Asie, en particulier le Japon ?

En France, la maladie d'Hashimoto déclencheuse d'une souffrance de la glande thyroïde, fort épuisante pour le corps, est bien connue de certaines jeunes femmes et des médecins généralistes occidentaux. Ils soignent « ces malheureuses » comme ils le peuvent, avec les vieux moyens du bord... Je peux m'exprimer ainsi car je suis moi-même "membre du Club", depuis longtemps ! Oui, officiellement depuis 2001, je suis "Hashimoto", sans même savoir au départ d'où vient ce nom à consonnance très asiatique, japonais pour tout dire, s'agissant aussi d'un problème de système immunitaire. Ce qui donne, pour le coup, lorsque le "bon Docteur" (généraliste) nous annonce "la bonne nouvelle", un certain style à notre état de santé, encore en pleine force de l'âge...



Signé Cat's Eyes (1983)

 

En effet, loin des remèdes de grands-mères dont certaines d'ailleurs portaient encore l'horrible goître il y a peu dans nos campagnes, la médecine occidentale "traditionnelle", française surtout (car à l'étranger, ce peut être différent), a toujours la même réponse en cas d'hypothyroïdie : chimie de synthèse, et donc hormones de synthèse. Le médicament prescrit s'appuie de fait sur la même molécule de base depuis plusieurs décennies : l'hormone thyroïdienne « artificielle » appelée lévothyroxine par les pharmaciens qui, grâce à leurs nombreuses années d'études supérieures, s'y connaissent beaucoup plus en biochimie que leurs vieux patients et nouveaux malades. Comme ils ont plus de connaissances botaniques sur les champignons d'automne des cueilleurs du dimanche d'ailleurs. Mais rien à voir avec Hashimoto, au fond... Monsieur Hashimoto !

La maladie d'Hashimoto est une pathologie auto-immune de la glande thyroïde, maladie relativement "moderne" (ce n'est pas la peste !). Mais elle est en revanche assez méconnue du grand public. Autant que les super pouvoirs de la Ferrari F80 oserais-je dire, ou que les "forces du Dragon" cachées dans les muscles et l'esprit de Shiryu, célèbre Chevalier de bronze de notre douce enfance, en France. Une maladie presque « exotique » en somme, et pouvant quand même sembler plus terrifiante que les autres encore, comme revenue d'entre les morts puisqu'elle porte le nom de son découvreur, disparu il y a bien longtemps. Oui, le nom d'un Japonais, parfaitement inconnu chez nous!

Il s'appelait Hakaru Hashimoto. Quasiment un nom de star de manga ou de héros du kung-fu qui aurait pu faire peur, même à Sangoku, garçonnet à queue de singe qui faisait tant rigoler les enfants du Club Dorothée lorsqu'il se gavait à la hâte d'un bol de nouilles (ou de soupe ?). Il fallait bien prendre quelques forces, avant de suivre tant bien que mal quelques cours d'arts martiaux dispensés généralement en pleine nature par un Tortue Génial parfois un poil farfelu... Vénérable maître en arts martiaux et presque artiste de la transformation d'un misérable corps de vieux chétif presque déprimant : une petite colère et hop, le vieillard se voyait gonflé de partout, au point d'avoir pour quelques temps seulement un corps bodybuildé de Chippendale. Très impressionnant ! Dragon Ball, le Japon déjà, une découverte parmi tant d'autres qui n'avait rien de pathologique, elles...

Hakaru Hashimoto est né en 1881 dans l’Est du Japon à quelques kilomètres d’Iga-Ueno. Il est le descendant d’une longue lignée de médecins. En 1903, il intègre la Faculté de médecine de l’Université Impériale de Kyusyu dans le sud du paysÉtudiant pendant quatre années au premier département de chirurgie, il analyse les tissus de goitres prélevés sur quatre patientes. Ce qu’il voit au microscope lui semble tout à fait inhabituel. Il n’en trouve aucune trace dans la littérature scientifique. Constatant entre autres au sein de la glande thyroïde une infiltration de cellules lymphoïdes des lymphocytes et la formation de follicules lymphoïdes, il décide de baptiser la pathologie « struma lymphomatosa ». Alors âgé de 31 ans, il en effectue une description détaillée parue en 1912 dans la revue allemande Archiv Für Klinische Chirurgie

À l’époque, ses travaux ne font pas grand bruit. Ce n’est qu’en 1931 qu’une publication d’Allen Graham dans Archives of Surgery attire enfin l’attention de ses collègues. En étudiant des thyroïdites, ce chercheur répertorie quelques cas dans la littérature scientifique en lien avec les descriptions faites par Hakaru HashimotoLe struma lymphomatosa devient plus connu aux États-Unis et en Europe sous le nom de thyroïdite de Hashimoto. 25 ans plus tard, des médecins découvrent que le sérum des patients atteints de cette maladie comporte des Auto-anticorps antithyroïdiens (AAT), étude qui contribue à la découverte des pathologies auto-immunes spécifiques d’organes. De fait désormais, en cas de suspicion de thyroïdite de Hashimoto, le diagnostic est confirmé par une prise de sang, soit une analyse assez complète avec test sanguin de ces fameux anticorps antithyroïdiens : les anti-TPO (visant l'enzyme thyropéroxydase TPO) et les anti-TG (visant la thyroglobuline, protéine précurseur des T4 et T3).

C'est ainsi que Sandrine, maman d'un petit garçon a enfin pu mettre un nom sur sa maladie, grâce à leur dosage. « En 2007, je souffrais d’une curieuse paralysie du dos. Travaillant dans le commerce, le contact avec le public n’est pas de tout repos. Mais en réalité, j'étais en hypothyroïdie ! J'ignorais pourquoi, simplement j'étais sous traitement depuis. Le plus surprenant, c’est que j’ai appris l’origine de mon problème il y a quelques mois à peine ! C’est une thyroïdite de Hashimoto. On ne m’avait jamais prescrit l’analyse des auto-anticorps auparavant. C’est moi qui l’ai demandé suite à une discussion avec une personne atteinte de la même maladie. ».

Adaptation d'un court extrait de mon livre « Thyroïde, enfin le traitement qui sauve » (Six millions de Français mal soignés ?) paru aux éditions du Moment en 2014.




Entraînement de Shiryu, Chevalier du Dragon "Les Chevaliers du Zodiaque" (manga, 1986)
 

Bioman 2 (Maskman, 1988)
Candy (1978)

Melodysheep "Be water my friend !" (Bruce Lee remix, 2013)

Indochine "J'ai demandé à la Lune" (2002)


SANTE, PSYCHO, MEDECINE, RECHERCHE, BIOLOGIE
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