Néolithique : Ötzi, l'homme des glaces de montagnes, mort de froid, de faim ou pire ?
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Nom
de code : Ötzi. Identité ? Secrète depuis 5300 ans. Mais les chercheurs sont bien décidés à voir le bout de cette
étonnante enquête, paléolithique ! Que
mangeait cet homme, devenu "star parmi les stars" du monde des momies ? L’endoscopie et les analyses de ces cheveux l'ont révélé : beaucoup de céréales (surtout du blé), du bouquetin pour la viande, des
champignons et des fruits. Cerise sur le gâteau, des chercheurs qui ont étudié son ADN mitochondrial ont annoncé qu’Ötzi était probablement stérile. Caractéristique
qui aurait pu représenter un handicap et le mettre à l’écart de
sa communauté. Certes, mais "l’Homme des Glaces" s'en fiche, aujourd'hui. Et il n’a même pas fini de
faire parler de lui !
Parfois,
la célébrité, ça vous tombe dessus alors que vous n’avez rien
demandé. Prenez Ötzi, endormi d’un sommeil qui devait être
éternel sur le Glacier de Similaun, en territoire italien dans la Vallée Alpine de l’Ötz. Ce 19 septembre 1991, deux randonneurs
allemands ont bouleversé sa destinée en le découvrant couché sur
le ventre, sur un gros rocher à 3210 m d’altitude, bassin et
jambes "au frais dans la glace".
Le
début de la gloire
Et
quel état de conservation ! A faire pâlir de jalousie les
momies égyptiennes, petites jeunettes planquées sous leurs
bandelettes... Papy Ötzi a préféré miser sur le froid et le
naturel. Oui mais depuis son réveil forcé, finie la
tranquillité. Monsieur n’a plus eu une minute à lui, faisant la
Une des médias, élevé au rang de star dans les documentaires et
passant des heures auprès d’experts bien décidés à lui faire
avouer par des techniques scientifiques les moindres détails de sa
vie passée. Il a d’abord passé un long moment en tête à tête à
l’Institut médico-légal d’Innsbruck avec l’archéologue
Konrad Spindler, le premier à avoir compris qu’il ne s’agissait
pas du cadavre d’un alpiniste dont l’expédition aurait mal
tourné mais bel et bien d’un homme de la Préhistoire, précisément
du Néolithique.
Ensuite, tout s’est emballé. Et "on l’a passé au
peigne fin", lui et tout son matériel découvert un an plus tard sur
le site. Dans cet environnement hostile, Ötzi, originaire du sud du
Tyrol comme en témoigne l’étude des minéraux présents dans ces
os et ses dents, avait semble-t-il tout prévu pour survivre en
restant élégant. Style très… ‘écolo’ : bonnet en peau
d’ours noué sous le menton, manteau en peau de cerf et chèvre,
pantalon de la même matière fait de deux jambières fixées à la
ceinture en peau de veau de laquelle déborde un pagne, longue cape
d’herbe et d’écorce de tilleul et épaisses chaussures en peau
fourrées d’herbes.
Armé
jusqu’aux dents
Dents
bien entretenues d’ailleurs car notre homme n’avait même pas de carie ! En revanche, ses incisives portaient l’usure de celles qui
travaillent les peaux. Pour en revenir à son équipement, Ötzi
possédait une hache en cuivre rarissime, un poignard en bois de
frêne et silex, un arc en bois d’if, un carquois en cuir rempli de
14 flèches en viorne, un petit sac contenant de quoi faire du feu
(silex, aiguiseur à silex, pyrites et un morceau de champignon :
l’amadou), deux morceau de champignons de bouleau- fixés sur une
lanière de cuir - connus pour avoir des vertus pharmaceutiques contre
les vers intestinaux, un filet en fibres végétales, un sac à dos
et 2 récipients en écorce de bouleau.
Après ce petit portrait,
vous pouvez bien nous le dire Ötzi, qui êtes-vous ? « Pour
l’heure, une sorte de momie de 13 kg et d’1,54 m, mais autrefois,
j’étais bel homme, déjà tatoué au charbon… Yeux bleus,
cheveux bruns, barbe : j’avais fière allure ! Je pesais
alors 50 kg pour 1,59 m. Le jour de ma mort, j’avais 46 ans, âge
déjà bien avancé pour l’époque située entre 3350 et 3100 avant
J.-C (la datation au carbone 14 le prouve). Par contre, je n’étais
pas en bonne santé… ». En effet. D’abord, Ötzi avait une
particularité : né sans la douzième paire de côtes, la
septième et la huitième de la partie gauche de la cage thoracique
s’étaient soudées ensemble après une fracture. Le froid avait dû
lui causer aussi de sévères engelures aux doigts de pieds. Ensuite,
le bonhomme était… ‘habité’ : de puces, et parasites
intestinaux responsables de diarrhées. Concernant sa profession, le
mystère demeure : « je ne suis pas encore prêt à parler
de cette partie de ma vie » semble-t-il vouloir dire.
Dernier
mystère
Or,
ça aiderait bien les spécialistes de connaître cette information
car elle permettrait certainement d’élucider le mobile du meurtre.
Eh oui, Ötzi a été assassiné ! Des preuves ? En 2001,
un examen aux rayons X a montré la présence d’un éclat de flèche
d’environ 3 cm sur 2 logé sous son épaule gauche. Il porte
également une blessure à la main droite. Alors, qui a voulu le tuer
et pourquoi ? L’explication doit se trouver dans son identité.
Tour à tour, on l’a imaginé berger - mais il n’a pas l’attirail
adéquat -, chasseur, chaman, guerrier, brigand, etc. rien n’y fait
pour l’instant. Les indices manquent encore.
Seule évidence :
Ötzi devait ‘gêner’ et représenter un personnage important du
fait de son âge et du symbole de pouvoir que pouvait représenter sa
hache en métal précieux. Pour l’heure, Ötzi, qui aujourd’hui
repose dans sa chambre froide (6°C, 99% d’humidité) du Musée de
Bolzano en Italie, est une star. Mais il n’est pas disposé à
dévoilé l’ensemble de ses secrets. En voilà un qui a compris les
ficelles du métier et sait que ne pas tout dévoiler d’un coup
entretient le mythe… et assure un passage régulier dans les pages
des magazines !
Caroline Lepage (article publié dans le magazine Questions Réponses, 2005)
1991, Otzi "La momie des glaces" (archives INA)
Satanée
malédiction
A
croire qu’Ötzi dispose d’un attaché de presse prêt à
entretenir sa célébrité à n’importe quel prix, y compris à
surfer sur la vague peu crédible du surnaturel ! Ainsi, notre
bonhomme, fâché, aurait à l’image de Toutankhamon, jeté un sort
à aux malheureux qui l’auraient côtoyé de trop près… Victimes
de cette malédiction ? Helmut Simon, découvreur d’Ötzi,
mort en 2004 à l’âge de 67 ans au cours d’une d'une randonnée ;
Dieter Warnecke, 45 ans, abattu par une crise cardiaque alors qu’il
était à la recherche de Simon ; Konrad Spindler, premier
scientifique à avoir examiné Ötzi, décède d'une sclérose en
plaque à 55 ans ; Gunter Henn, chef de la mission scientifique
consacrée à Ötzi meurt à 64 ans dans un accident de voiture ;
Kurt Fritz, guide de montagne qui avait conduit Henn auprès d’Ötzi
disparaît dans une avalanche à l’âge de 52 ans ; Rainer
Hoelzl, le journaliste qui avait filmé le retrait d'Ötzi de son lit
de glace, décède à 47 ans d'une tumeur au cerveau. Enfin dernier
cas suspect en date du 21 octobre 2005, Tom Loy, 63 ans, biologiste
moléculaire qui s’occupait d’analyses ADN meurt des suites d’une
affection du sang. Curieux incidents pour les uns, simples
coïncidences pour les autres : en tous cas, ça marche car on
reparle d’Ötzi à chaque fois !
Otzi, "l'homme des glaces" prisonnier d'un glacier depuis l'âge de cuivre (Nat. Géo. 2024)
La Planète des Singes 3 "Suprématie" (2017)
Olivier Baroux et Gad Elmaleh "Qui veut gagner de l'argent en masse ?" (2003)
"Je me les gèle !" David Charles, MC Roger, Swiss Comedy Productions (parodie Maître Gims ft. Vianney, 2018)
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