La mort "des p'tits"
La mort est un thème universel qui n'intéresse l'être humain adulte, au fond, que lorsqu'il sent sa propre fin approcher... L'espérance de vie est décidément trop courte ! Mais faisons-nous assez d'efforts pour donner aux corps le plaisir et l'envie de vivre plus sainement ? Souvent, ce chamboulement biochimique qui affecte son esprit et son corps surgit peu après la retraite pour les hommes, plus tard pour les femmes actives au foyer qui ont consacré leur vie entière à protéger leur famille aimante et à élever leurs enfants à la maison... Des enfants pourtant si souvent proches de la "catastrophe" et "en danger de mort" quand ils sont tout petits ?
Et qui sait si ce n'est d'ailleurs pas la raison pour laquelle on a tant hâte de grandir, quand on est enfant ? Pas de vieillir en revanche. Grandir juste pour se sentir enfin en sécurité, comme tout le monde alors qu'on est simplement « haut comme trois pommes », pas plus haut que le chien aussi. Dans nos sociétés modernes, malgré les crises (économiques, climatiques, épidémiques, botaniques, zoologiques, écosystémiques, etc.), les progrès technologiques et informatiques, l'ère des ordinateurs, d'Internet, qui ont si facilement permis l'essor du travail au bureau, à la maison avec une bonne connexion à Internet (le fameux télétravail qui fait faire tant d'économie aux entreprises les plus compétitives), en étant chez soi, à la maison, on ne devrait plus avoir peur de rien, pas même de la mort ! On devrait être tranquilles, rassurés, du matin au soir. Et on ne l'est toujours pas.
Oui, mais voilà, nous ne sommes pas immortels ! Toujours pas. Toutes les Mamans qui ont beaucoup tremblé pour leurs enfants adorés, chéris, le savent bien. Et bizarrement, on a facilement peur de choses pourtant beaucoup moins graves que la mort. Comme le chômage, un pauvre symptôme "de rien du tout" faisant penser à une "maladie grave", un repas mal digéré, une dette, un retard de règles ou une absence, etc. Il est pourtant si rassurant de travailler chez soi, où il y a toujours du boulot (rangement, tri des papiers, repassage des vêtements, couture, cuisine, lecture, jeux de société avec les enfants, suivis hebdomadaires des devoirs et des notes, promenade avec les animaux de compagnie). Même quand l'ordinateur a du mal à se connecter aux mails urgents du boulot, ce n'est pas une raison pour paniquer. Le travail peut bien attendre un peu...
Le Monde de Némo (Pixar, 2003)
Sans Internet, on a l'impression étrange de ne plus être correctement informé
Alors, pour une femme, la question se pose sérieusement : comment être une bonne mère avec « ses petits canetons » s'ils ne sont pas armés pour affronter un avenir, trop chaud pour eux sans doute, pollué à l'excès dans les villes, les campagnes, jusque dans les sols, les rivières, les mers, les océans, les airs. L'espace, la Lune, Mars ? Pollution partout dans le Système Solaire, à ce train là, si nous ne changeons pas nos manières de vivre, de manger, de nous reproduire et d'aimer, de façon urgente ! Et d'un seul coup, plus on y pense, parfois en larmes, à tous ces drames humains, plus on comprend ces personnes qui ont souffert de terrifiants baby-blues, qui ont dû surmonter des envies de suicide peut-être légitimes au fond en tant que mères pourtant supposées être heureuses de mettre au monde un enfant à l'hôpital, comme toutes les mères et grands-mères en France depuis 1945. Des femmes qui ont eu le temps de regarder la télé, avec leurs maris aussi, le soir, et qui ont vu des petits enfants crevés de faim dans des reportages sur le tiers-monde, des médecins qui ne connaissent pas les frontières mais plus les famines, répétant sous l'oeil des caméras aux journalistes de guerre que "Trop, c'était, trop", pour ces familles nombreuses séparées par la mort et les balles des fusils. Pauvres enfants, pauvres gens, abattus parfois presque comme des chiens (ou des loups, bref, des bêtes traquées pour leur chair riche en protéines animales, et donc appétissante), un jour de chasse qui aurait mal tourné ? Situations inhumaines.
Daniel Balavoine "Sauver l'amour" (1986)
L'appel des estomacs pour la viande... et le foie gras ?
Daniel Balavoine se demande alors encore, devant les téléspectateurs qui ne l'oublieront jamais, qu'est-ce qui pourrait sauver l'amour (1986) ? Alors que personne ne pouvait imaginer que dés les premiers pas de l'enfant, il n'était déjà plus assez aimé pour mériter de vivre dans les pays les plus pauvres. On manque de maïs peut-être, là-bas aussi ? Et cerise sur le gâteau de ce drame collectif un peu fou, il faudrait chanter cette misère dans un pays riche comme la France, continuer à demander un sauveur pour tous ces « pauvres petits ». Pourquoi pas le Père Noël qui arrive enfin quand il a bien neigé, en décembre ?
Quand c'est déjà trop tard pour les sauver, "ces petits"
Caroline Lepage



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