Alimentation des "anciens" invertébrés terrestres : un appétit accentué par la hausse des températures ?

Un précédent réchauffement climatique a chamboulé l’existence des insectes. 
La Terre n’en est pas à son premier réchauffement climatique. L’un des plus impressionnant s’est produit il y a plus de 55 millions d’années : une augmentation fulgurante du taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a fait monter la température de 5°C en 10 000 ans !

10 000 ans, vous trouvez ça long ? C’est pourtant extrêmement court sur l’échelle des temps géologiques. Alors imaginez un siècle… Aujourd’hui, si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le GIEC prévoit une hausse des températures de 1,8°C à 4°C d’ici à 2100.

Mais retournons à cette époque baptisée Maximum Thermique Paléocène/Eocène (PETM). Que s’est-il passé ensuite ? Des insectes venus des régions tropicales ont migré vers des zones jadis tempérées. Là, ils se sont multipliés et ont fait des ravages sur les végétaux comme l’a montré Ellen Currano, paléontologue à l’Université de Pennsylvanie, aux Etats-Unis.

Elle et son équipe ont examiné 5000 feuilles fossilisées provenant du Wyoming : certaines étaient de la période du PETM, les autres, juste d’avant ou d’après. Or, au PETM, l’excès de CO2 dans l’air a sévèrement perturbé les plantes. Elles étaient moins nutritives ! Du coup, les insectes phytophages étaient obligés d’en manger davantage. A tel point que les dommages observés sur les feuilles sont beaucoup plus nombreux et variés qu’aux périodes pré- et post-PETM.

Qu’en conclure ? Que le réchauffement actuel devrait faciliter l’extension du territoire des insectes des régions tropicales vers le nord ou le sud, et qu’il pourrait aiguiser leur appétit ! Ce qui ne serait pas sans conséquences sur les forêts et les récoltes. Pas de veine pour nous qui sommes de grands consommateurs de fruits, légumes et céréales

Caroline Lepage (extrait du livre Explorations en Terre Animale, 2008)




Maya, l'abeille (1975)
 

Fourmiz (DreamWorks, 1998)

Ce papillon est capable de parcourir 5000 kilomètres ! (National Geographic Animaux, 2018)

Le métier de préposé entomologique (Espace pour la Vie Montréal, 2019)
 

SANTE, PSYCHO, MEDECINE, RECHERCHE, BIOLOGIE
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