Bande
de mollusques à tentacules ! Hein, une insulte ? Pas du tout. Nous avons juste rendez-vous aujourd'hui avec des invertébrés marins, mollusques tout à fait fascinants aux membres, à la force, à l'intelligence et à la dextérité trop souvent méconnues par le grand public à ce jour. Il s'agit des céphalopodes - poulpes, calmars, seiches &
compagnie - qui ne finissent pas tous cuisinés à la plancha, en ragoût, salade de pommes de terre, tielle (petite tourte, spécialité de Sète) ou découpés en morceaux pour ajouter un peu de "goût marin" à une paëlla (à la volaille) qui manquerait peut-être de fruits de mer dans un bon restaurant des côtes espagnoles. Avec leur regard fascinant et d'autres pouvoirs presque magiques qu'elles cachent bien, ces pieuvres (ou poulpes) et autres "bestioles" à tentacules sont parmi les plus
fascinantes et intrigantes de l’univers océanique. Et vous allez découvrir qu'elles ont bien plus d’un tour "dans leur sac"...
Céphalopodes,
littéralement "les pieds sur la tête" (podia, podium), pour ceux qui s'intéressent toujours aux racines à base de cette langue morte qu'est le latin, ainsi qu'à la locomotion des animaux qui vivent sous la surface de la Planète Bleue, en y marchant, pas toujours en y nageant... Hé oui, la terre, même immergée, offre encore cette possibilité là où la natation, théoriquement, est reine ! Pour trouver la
bouche de la pieuvre qui a tout d’un bec d'oiseau, identique à celui du perroquet, et loge
une radula, sorte de langue râpeuse, il faut chercher au centre des
tentacules… Il existe environ 700 espèces de céphalopodes
dans le monde. Les plus connus ? Poulpes, seiches, sépioles et
calamars. Les plus rares : nautiles, argonautes, spirules et
vampire des mers. Certains ont une coquille externe tels le nautile
et l’argonaute, d’autres interne - c’est le cas de la seiche
et son ‘os’ (de seiche, qu'on donne aux oiseaux en cage pour fortifier leur tonus digestif) - ou aucune à l’image du poulpe.
Œil
de lynx
Ils
ont un œil performant du fait de la présence d’un système
nerveux extraordinairement développé. Son organisation est proche
de celle des vertébrés, notamment chez les calmars : rétine,
cristallin, iris et cornée leur confèrent une parfaite vision. Pour
se déplacer, les céphalopodes utilisent une technique très
efficace, la propulsion par réaction. En effet, sous leur manteau se
trouve une cavité dite palléale reliée au siphon, véritable
entonnoir orientable.
Une forte contraction musculaire et l’eau est
puissamment éjectée de la cavité vers l’extérieur. Du coup,
l’animal est propulsé dans le sens opposé du mouvement de l’eau.
Ingénieux ! Certains sont même de vrais petits bolides. Les
calmars Loligo par exemple peuvent nager en pointe à 2 m/sec. La
poche d'encre étant également en communication avec cette cavité
palléale, l’encre est projetée par le siphon. Il n’y a rien de
tel qu’un gros nuage noir pour brouiller la vue et l’odorat d’un
prédateur ou semer un plongeur, un peu trop ‘collant’…
Même le
poulpe, octopode - 8 tentacules - utilise cette ruse de Sioux. Si vous
en rencontrez un sur nos côtes, vous tomberez certainement sur le
poulpe commun (Octopus
vulgaris)
qui vit jusqu’à -100 m.. Il mesure entre 20 et 60 cm en moyenne.
Ses tentacules portent 2 rangées de ventouses. Il est si prisé par
les pêcheurs que la
Commission Européenne a récemment décidé de porter à 500 g le
poids minimal réglementaire de pêche du poulpe éviscéré -soit
un poids total de 750 g - dans les eaux d’Atlantique Centre Est de
la zone COPACE (Union Européenne, pays côtiers d'Afrique de
l'Ouest) pour protéger le stock de la surexploitation commerciale.
Victor
et la pieuvre
Au
fait, quelle est la différence entre le poulpe et la pieuvre ?
Question tracassante. Il
n’y en a aucune en réalité ! C’est Victor Hugo, qui, à la
publication de son roman ‘Les travailleurs de la mer’ en 1866,
fit passer le mot pieuvre tiré du dialecte normand dans le
vocabulaire courant de la langue française... Retour au poulpe.
Celui à longs bras (Octopus
macropus)
est parfois confondu avec le poulpe commun mais il a des tentacules
plus fins et plus longs et porte des tâches blanches. Au-delà de 30
m de profondeur, nous voici au royaume de l’élédone (Eledone
cirrhosa)
ou poulpe blanc dont les tentacules ne portent qu’une seule rangée
de ventouses. Nos gentils petits poulpes français ne feraient pas le
poids face aux pieuvres géantes du Pacifique (Enteroctopus
dofleini).
Dans cet océan si grand et aux eaux volcaniques plus tumultueuses aussi, elles
pèsent allègrement les 45 kilogrammes ! Le plus grand spécimen observé a été
pêché en 1967 au large de la Colombie Britannique, pesait 70 kg et
mesurait 7,50 m de l’extrémité d’un bras à l’autre ! Poulpe géant à ne pas confondre avec le mystérieux calmar géant (Architheutis dux de son nom latin), décapode qui lui habite les abysses, possède 10 bras (et non 8 comme chez le poulpe) et dont la femelle, du long de ses 13 mètres est plus grande que le mâle, promenant gentiment ses 10 mètres dans le noir de profondeurs inconnues, parfois explorées par les cachalots, fans absolus de "viande" de calmars géants justement. Ce
qui ne signifie pas que sur nos côtes, les simples poulpes de Méditerranée par exemple ou de l'Océan Atlantique sont du
genre à se laisser faire facilement en cas d'attaque ! Dans un corps-à-corps, un individu
n’hésitera pas à se coller à vous ou à votre masque de plongée. Et vous
comprendrez vite que c’est une bête de muscles, voilà pourquoi on
raconte qu’après avoir retourné sa poche, il faut battre sa chair
afin de l’attendrir. Cela dit, le placer 24 h au congélateur après
l’avoir nettoyé revient au même… Costaud donc, et
réellement ingénieux comme ne cessent de le constater les
biologistes marins.
Chose étonnante, il n’utilise pas tous ces tentacules
de la même manière comme l’a montré Ruth Byrne, zoologiste à
l’Université de Vienne en Autriche. D’abord, il a un bras
exclusivement réservé à la copulation : l’hectocotyle, le
troisième bras droit. Gardant ses bras postérieurs pour le
déplacement sur le fond, il a un ‘chouchou’ en avant qu’il
utilise plus souvent que les autres… de la même façon que vous,
êtes droitier ou gaucher. Mieux, il utilise toujours la même
combinaison d’un, 2 ou 3 tentacules pour réaliser des tâches.
Pourquoi ? En fait, il se sert davantage d’un œil que de
l’autre et préfère employer les tentacules qui sont directement
dans son champ de vision. Monsieur ouvre l’œil et le bon. Et s’il
aime voir, il n’aime pas beaucoup être vu. Il adore jouer à
cache-cache dans les récifs ou aux abords des herbiers.
Planquez-vous !
Essayez
donc de le repérer, cet as du camouflage… Son secret ? Des
chromatophores, cellules à pigments reliées à des fibres
musculaires dont l’action permet d’étaler ou ‘contracter’
sous forme de points ces substances colorées. En somme, il change de
couleurs en un éclair, selon son humeur ou le substrat sur lequel il
évolue. Il parvient même à faire varier la texture de sa peau :
de lisse, la voici qui devient aussi rugueuse qu’un rocher couvert
d’algues…
Certains poussent très loin cette faculté. Pour
preuve, le petit poulpe d’Indonésie (Octopus
marginatus)
filmé par des scientifiques de l’Université de Californie en
train de ‘courir’ sur deux de ces tentacules, les 6 autres rangés
autour de sa tête ! Avec cette allure de petite boule brune
bipède, il passe inaperçu au milieu des noix de coco qui finissent
régulièrement leur course sur ces fonds marins. Les prédateurs
n’y voient que du feu…
Plats favoris maintenant. Les crustacés
(crabes, crevettes) qu’il est capable de dénicher à l’aveugle,
en passant simplement l’un de ses bras tactiles dans une
anfractuosité. Sinon ? Il prend ce qu’il trouve ! Ainsi,
au Sénégal, une étude conjointe de l’IRD et du CRODT (Centre de
Recherche Océanographique de Dakar-Thiaroye) a révélé que sur les
fonds sablo-vaseux, le poulpe commun se contente de bivalves
(praires, amandes, etc.). Il creuse un terrier et fait même des
provisions en y ramenant vivants quelques bivalves à savourer en cas
de petite faim.
Courte
vie
Hélas,
cette existence paisible ne dure pas. Mâles et femelles vivent en
moyenne un an.Oubliant de s’alimenter, ces dames meurent
rapidement après l’éclosion des cordons d’œufs blancs qu’elles
ont pondus et accrochés à l’abri sous des rochers ou dans des
crevasses, épuisées par le soin qu’elles mettent à les nettoyer,
les défendre et les bichonner pendant 2 mois… Ces messieurs
meurent à peu près en même temps que leur partenaire après une
perte de poids fatale.
Quant aux œufs, au nombre de 200 000 par
femelle, ils donnent naissance à des poulpes miniatures de 3 mm dont
la survie à l’état de plancton est assurée par la richesse de
leur environnement en éléments nutritifs, la température, etc. Le
fait que les prédateurs (mérous, murènes, daurades, phoques) se
fassent de plus en plus rares leur est peut-être favorable mais la
pression croissante des pêches ou la succession de saisons froides
ou pauvres en plancton pour les juvéniles ne le sont pas.
Résultat,
il est bien difficile de prévoir l’état de la population de
poulpes. Parfois, la ressource ‘explose’, parfois elle semble sur
le point de disparaître ! Mais les poulpes ne sont pas les
seuls à intéresser les visiteurs palmés, le groupe des décapodes
-10 bras : 8 plus 2 tentacules différenciés pour la capture de
proies, la parade amoureuse et la reproduction réservent aussi leurs lots de surprises. Les seiches vivent plutôt le long des côtes, les
calmars en haute mer. On distingue d’ailleurs facilement les
premières de forme ovale des seconds à la silhouette plus fine et
élégante.
Caroline Lepage (article publié dans le magazine de plongée en apnée et chasse sous-marine, Apnéa, 2007)
Australie : faites très attention à cette mignonne petite pieuvre, venimeuse !
Du
haut de ses 10 cm, la pieuvre à anneaux bleus (Hapalochlaena
maculosa)
qui vit au Sud de l’Australie est une splendeur de la nature,
superbe avec son manteau jaune, tâché de brun annelé de bleu
électrique… et redoutable ! Comme ses cousines H.
fasciata
qui ne dépasse pas 4,5 cm et vit dans les récifs de la côte Est
australienne, et H.
lunulata (20
cm) que l’on rencontre dans l’Ouest du Pacifique (Philippines,
Indonésie, Papouasie Nouvelle Guinée, Vanuatu),
elle dispose d’une arme mortelle pour l’homme. Un puissant venin,
le plus violent du règne animal dit-on, la maculotoxine fabriquée
dans ses glandes salivaires.
Elle l’utilise pour paralyser ses
proies. Non agressive, la pieuvre aura tendance à préférer la
fuite. Mais s’il s’agit de se défendre, elle n’hésitera pas à
donner un coup de bec. La morsure est quasiment indolore et peut
traverser l’épaisseur d’une combinaison. Elle s’accompagne
d’une injection de poison qui bloque le système neuromusculaire.
La victime meurt après paralysie des muscles respiratoires et arrêt
cardiaque. Il n’existe aucun anti-venin. Seule
solution, l’assistance respiratoire artificielle, le temps que
les effets du venin se dissipent, généralement en 24 heures…
The Blue Ringed Octopus, la pieuvre à anneaux bleus, son bec, sa terrifiante morsure et ses incroyables chromatophores (National Geographic Wild UK, 2022)
"20 000 Lieues sous les Mers", Jules Verne (résumé spécial Prépas Scientifiques, 2025-2026)
Abri en noix de coco d'une pieuvre très maligne en Indonésie (Nature on PBS, 2019)
Daily Mail (World) "Giant Octopus dangerously attacks Diver in Russian Waters" (2018)
Octopus ! Paul le poulpe en aquarium et la Coupe du Monde de Football 2010 (Arte, 2024)
Mimétisme : les incroyables talents de la pieuvre (National Geographic, 2024)
Publicité "Le Mâle", le parfum, par Jean-Paul Gaultier (2020)
Why do Octopuses have Three Hearts and Blue Blood ? (Unknown Explanations, 2025)
Voyage, voyage... Pour les fans de la série de notre enfance : les Mystérieuses Cités d'Or ! Voyage, voyage, tropical alors : direction, la péninsule du Yucatan, au Mexique ! Mais très loin de Mexico. Alors où ? Pour le Spring Break des étudiants à Cancun ou profiter d'une "fiesta sous-marine" avec les poissons à Cozumel ? L’île aux spots coralliens enchanteurs découverts par le Commandant Cousteau (encore lui !) à la fin des années 1950 ? Et pourquoi pas plutôt, un séjour de deux semaines dans un paradis secret et tranquille encore bien préservé de la Riviera Maya ? Partons à la découverte d'Akumal, un village situé près du site archéologique de Tulum (qui signifie "mur" en maya)... Il faut l’avouer, lorsqu’on a goûté à la diversité des fonds marins de l’Indo-Pacifique, il est difficile de se laisser à nouveau tenter par l’Atlantique. Ainsi, comme des enfants gâtés, nous avions l’idée préconçue qu’un séjour au Mexique, côté Mer des Caraïbes en pénin...
Ah, satané changement d'heure qui semble vouloir nous répéter à l'infini qu'il n'y a pas le feu au lac... Qu'il faut prendre du bon temps, le temps de vivre quand la neige pourrait bientôt tomber à gros flocons et recouvrir tous les paysages de France ? Quel blues « mortel » parfois, longtemps après cette potentielle idée d'enneigement futur, qui peut sans prévenir donner l'envie d'en finir au cerveau pas encore très frais, sur le plan mathématique, et qui reste perdu dans un décalage horaire encore trop estival, véritable grand écart temporel avec les "looongues vacances" d'été, donc ? Dépression hivernale à anticiper ? Une heure de sommeil en plus ? Tu parles ! Et une heure de lecture en moins ? Il est clair que, saturés de perte de temps ici ou là, nous continuons à prendre du retard dans nos "honnêtes devoirs" de citoyens, toujours bien sages et à l'aise avec les petits chiffres, comme les grands... Mais quand même, ad...
Ah, pan, catastrophe ! Fin du Monde ! Coup de poignard planté comme une flèche en plein cœur, sans gloire ni triomphe... Mon beau Freddie, qu'as-tu fait à notre famille, et surtout à Monique, ta petite Maman chérie ? Tu nous lâches comme ça, d'un coup ? Certes, je ne crois pas au paradis. Pour l'enfer, on a déjà l'air d'y être. Mais franchement, je te pensais beaucoup plus dur à cuire que ça ! Immortel peut-être, même, Fréd'. Me serais-je une fois encore royalement trompée de diagnostic humain ? A ton sujet, toi mon cousin, « mon grand frère de cœur », toi l'un des piliers de la seconde génération de la famille « Garcia » ? Tes origines espagnoles flamboyantes affichées en pleine figure ne t'ont même pas aidé à faire demi-tour en chemin, lorsque tu as vu la mort arriver en face ? Et personne n'a tenté de t'inciter à choisir le camp des vivants qui t'aimaient ou te détestaient, plutôt que celui des fantômes oubliés. Diable, misè...
Commentaires
Enregistrer un commentaire