La conservation des espèces, un véritable défi pour l'Humanité

 

Entre celles qui sont sur le point de disparaître et celles que l’on ne parvient plus à canaliser parce qu’elles seraient en trop grand nombre, la conservation des espèces en Afrique, comme ailleurs sur la planète d'ailleurs, n’est pas une mince affaire. Quand la nature perd le contrôle (ou perd pied ?) et que l’homme prend les rennes, quel futur pour la Terre ?

Dans un monde idéal, la nature s’autorégulerait elle-même, faisant disparaître les plus faibles selon les aléas de l’évolution ou des épidémies. Mais c’est un monde impossible car il y a cette indéfectible donnée dans l’équation : l’être humain qui, par sa seule présence, intervient déjà sur l’environnement. Autrement dit, le combat est perdu d’avance ! La nature ne peut plus comme autrefois dominer le devenir des espèces…

Prise de conscience

Lorsque les hommes ont réalisé tardivement - ces toutes dernières décennies - qu’ils étaient en train d’anéantir les joyaux de leur planète, ils ont décidé de réagir, notamment en créant des réserves et des parcs. L’écologie et le développement durable voyaient alors le jour. Mais qui a dit que la tâche était facile ? La simple volonté d’agir véritablement en faveur de la nature ne se fait pas en un claquement de doigts. Quelle délicate mission que de faire concorder dans l’harmonie humains et animaux sans que les uns n’empiètent sur le terrain des autres… et réciproquement ! Exemple avec l’épineux cas des éléphants. 

Ces sympathiques pachydermes vivent en Tanzanie, au Botswana, au Zimbabwe, au Congo, au Gabon, en RDC, en Afrique du Sud, etc. Or, leur population a énormément diminué entre 1960 et 1980. Si, en 1930, ils étaient 5 millions, en 1970 2,5 millions, ils sont aujourd’hui 500 000 et sous très haute protection. Les causes de ce déclin ? Toujours les mêmes : déforestation, destruction et réduction de l’habitat, braconnage pour le commerce illégal d’ivoire, s’ajoute à cela le fait que l’éléphant auquel on a progressivement ‘volé’ ses terres piétine celles des hommes et entraîne des accidents parfois mortels qui lui valent d’être abattu à son tour.

Surnombre

Bref, l’éléphant a fini par être inscrit à l’annexe I de la CITES en 1989, bénéficiant ainsi d’une protection maximale. Adieux la chasse et le commerce légal d’ivoire ! Cette décision a eu des répercussions positives sur les populations locales d’éléphants et quelques-unes ont fini par prendre beaucoup d’ampleur… Trop diront certains. Il a bien fallu se rendre à l’évidence : la densité d’éléphants étaient parfois trop importante par rapport à la surface qui leur était attribuée. Les solutions qui ont été proposées ? 

Le transfert des populations les plus encombrantes (Botswana, Namibie, Zimbabwe) de l’annexe I en annexe II de la CITES (1997) qui autorise un commerce international de l’ivoire sous contrôle strict. Mais encore ? La proposition l’an dernier d’un abattage au Parc National de Kruger en Afrique du Sud où les éléphants devraient idéalement être au nombre de 7000 individus et sont 12500, ce qui nuirait à la biodiversité… Ce projet a pour l’instant été mis de côté. L’IFAW a proposé à la place la contraception. Idée à étudier alors qu’au Kenya, on mise sur un déplacement d’un certain nombre d’animaux des parcs encombrés vers des réserves plus accueillantes. Bien que l’idée de rouvrir la chasse est dans l’air…

Solutions ?

Chasser est interdit au Kenya depuis 1977 et quiconque se risque à tuer un animal s’expose à une peine de 7 ans de prison. Mais voilà, dans ce pays, la faune est à son aise et s’épanouit tant et si bien que les populations de plusieurs espèces – éléphants, antilopes - sont à présent difficiles à contrôler. D’où cette suggestion de relancer les safaris… Ces solutions ne sont pas très encourageantes et démontrent bien la difficulté de parvenir à un équilibre : maintenir une espèce aussi loin de la disparition que de l’explosion de population. Quel challenge ! 

Dans son rapport, la Wildlife Conservation Society fournit quelques clés qui pourraient bien détenir le secret de cet équilibre. Là encore, il ne s’agit que de bon sens, encore faut-il se donner les moyens de mettre les choses en pratique : améliorer la connaissance des ‘espèces phares’ et des mésocarnivores (carnivores de taille moyenne), de leur distribution, se concentrer sur les actions de conservation en identifiant les menaces spécifiques, affiner les outils de conservation aux frontières des zones protégées, développer des modèles des liens qui unissent les espèces, surveiller de près les indicateurs animaux, coordonner les différentes études plutôt que de travailler sur une seule espèce, etc. Voilà en gros ce qui attend nos spécialistes de la conservation, ces gardiens de l’avenir africain…

Caroline Lepage (article publié dans le magazine Questions Réponses, 2006)


L’Afrique et sa faune à Sigean, dans une réserve située en France !

C’est un petit bout d’Afrique qui a traversé la mer Méditerranée. Il s’est posé là, au cœur de la garrigue languedocienne sous le chaud soleil de Sigean en 1974. Bonheur pour les yeux, palpitations pour le cœur à l’approche de ces 3800 animaux qui vivent en semi-liberté sur 300 hectares. Tour à tour, en véhicule ou à pieds dans cette nature préservée, on croise les animaux de brousse - buffles nains, impalas, autruches, gnous, antilopes, girafes - les lions, la faune de la savane dont les impressionnants rhinocéros blancs mais aussi les crocodiles, chimpanzés, dromadaires, éléphants, guépards, lycaons, ouistitis, serpents, tortues, etc

Toutes ces espèces permettent à la réserve de contribuer à la conservation, la recherche (biologie, éthologie, physiologie) et la sensibilisation. Seule ombre au tableau : la survie de ce morceau de paradis dépend une fois de plus du bon vouloir de l’homme… Ainsi, la réserve est sous la menace permanente des fortes crues depuis la rupture des digues de la rivière La Berre suite aux inondations dans l’Aude en 1999. Une réparation, voire une reconstruction, permettrait de protéger à nouveau le site et d’éviter qu’il se trouve noyé sous les eaux comme ce fut le cas le 30 janvier, 2 mois-et-demi après une première inondation. 

« Nous avons perdu une cinquantaine d'animaux, principalement des antilopes » souligne Gabriel de Jesus. Pertes animales inacceptables ! Une pétition a été lancée par la réserve pour faire réagir les pouvoirs publics face à cette situation qu’elle dénonce depuis 6 ans et qui aboutit immanquablement à des catastrophes. Combien d’autres animaux devront mourir avant que les choses ne bougent ?


Depeche Mode "Precious" (Remastered, 2005)  

Bibifoc (Récré A2, 1985)
 

Katy Perry "Roar" (2013)

Tarzan (1966) 

 
NATURE, ZOOLOGIE, BOTANIQUE, ECOSYSTEMES, BIOLOGIE
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