La conservation des espèces, un véritable défi pour l'Humanité
Dans un monde idéal, la nature s’autorégulerait elle-même, faisant disparaître les plus faibles selon les aléas de l’évolution ou des épidémies. Mais c’est un monde impossible car il y a cette indéfectible donnée dans l’équation : l’être humain qui, par sa seule présence, intervient déjà sur l’environnement. Autrement dit, le combat est perdu d’avance ! La nature ne peut plus comme autrefois dominer le devenir des espèces…
Prise de conscience
Lorsque les hommes ont réalisé tardivement - ces toutes dernières décennies - qu’ils étaient en train d’anéantir les joyaux de leur planète, ils ont décidé de réagir, notamment en créant des réserves et des parcs. L’écologie et le développement durable voyaient alors le jour. Mais qui a dit que la tâche était facile ? La simple volonté d’agir véritablement en faveur de la nature ne se fait pas en un claquement de doigts. Quelle délicate mission que de faire concorder dans l’harmonie humains et animaux sans que les uns n’empiètent sur le terrain des autres… et réciproquement ! Exemple avec l’épineux cas des éléphants.
Surnombre
Bref, l’éléphant a fini par être inscrit à l’annexe I de la CITES en 1989, bénéficiant ainsi d’une protection maximale. Adieux la chasse et le commerce légal d’ivoire ! Cette décision a eu des répercussions positives sur les populations locales d’éléphants et quelques-unes ont fini par prendre beaucoup d’ampleur… Trop diront certains. Il a bien fallu se rendre à l’évidence : la densité d’éléphants étaient parfois trop importante par rapport à la surface qui leur était attribuée. Les solutions qui ont été proposées ?
Solutions ?
Chasser est interdit au Kenya depuis 1977 et quiconque se risque à tuer un animal s’expose à une peine de 7 ans de prison. Mais voilà, dans ce pays, la faune est à son aise et s’épanouit tant et si bien que les populations de plusieurs espèces – éléphants, antilopes - sont à présent difficiles à contrôler. D’où cette suggestion de relancer les safaris… Ces solutions ne sont pas très encourageantes et démontrent bien la difficulté de parvenir à un équilibre : maintenir une espèce aussi loin de la disparition que de l’explosion de population. Quel challenge !
Dans son rapport, la Wildlife Conservation Society fournit quelques clés qui pourraient bien détenir le secret de cet équilibre. Là encore, il ne s’agit que de bon sens, encore faut-il se donner les moyens de mettre les choses en pratique : améliorer la connaissance des ‘espèces phares’ et des mésocarnivores (carnivores de taille moyenne), de leur distribution, se concentrer sur les actions de conservation en identifiant les menaces spécifiques, affiner les outils de conservation aux frontières des zones protégées, développer des modèles des liens qui unissent les espèces, surveiller de près les indicateurs animaux, coordonner les différentes études plutôt que de travailler sur une seule espèce, etc. Voilà en gros ce qui attend nos spécialistes de la conservation, ces gardiens de l’avenir africain…
Caroline Lepage (article publié dans le magazine Questions Réponses, 2006)
L’Afrique et sa faune à Sigean, dans une réserve située en France !
Toutes ces espèces permettent à la réserve de contribuer à la conservation, la recherche (biologie, éthologie, physiologie) et la sensibilisation. Seule ombre au tableau : la survie de ce morceau de paradis dépend une fois de plus du bon vouloir de l’homme… Ainsi, la réserve est sous la menace permanente des fortes crues depuis la rupture des digues de la rivière La Berre suite aux inondations dans l’Aude en 1999. Une réparation, voire une reconstruction, permettrait de protéger à nouveau le site et d’éviter qu’il se trouve noyé sous les eaux comme ce fut le cas le 30 janvier, 2 mois-et-demi après une première inondation.
« Nous avons perdu une cinquantaine d'animaux, principalement des antilopes » souligne Gabriel de Jesus. Pertes animales inacceptables ! Une pétition a été lancée par la réserve pour faire réagir les pouvoirs publics face à cette situation qu’elle dénonce depuis 6 ans et qui aboutit immanquablement à des catastrophes. Combien d’autres animaux devront mourir avant que les choses ne bougent ?




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