Océanographie : upwellings, courants marins et mondes engloutis
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Selon
les gens frileux, le vent et l’eau froide seraient les pires ennemis de la plongée sous-marine. Du coup, en hiver, les poissons seraient tranquilles, le long de nos côtes ? D'ordinaire, en tous les cas, la moyenne des Français préfèrent largement, purement et simplement... éviter "la douche froide" ! Après tout, nous ne sommes pas tous plongeurs professionnels. Quant au délicat concept scientifique de rotation de la Terre, il serait seulement l'affaire des ingénieurs géotechniques concepteurs de satellites "volant" dans l'espace, voire au pire, des géologues si terre à terre dans leur travail quotidien. Et les courants marins ? Eux ne seraient que des préoccupations d'océanographes, loin d'être tous de parfaits surfeurs bodybuildés capables d'affronter les meilleures vagues à Hawaii, à Tahiti ou plus prés de chez nous, à Nazaré (au Portugal). Bref, l'eau est toujours en mouvement sur notre Terre, de fait, à l'existence tumultueuse. Et si tout cela vous semble trop complexe ou ennuyeux, ou si vous considérez que cela ne vous concerne pas du tout au fond, détrompez-vous...
L'océan, toujours recommencé ! Et le « gros poisson »
ne s'y trompe pas. "La
planète pourrait s’arrêter de tourner", peu importe, en plongée (sous-marine),
le monde extérieur n’existe plus. Seul, seule dans sa bulle,
chacun, chacune se concentre sur l’instant présent. Quant au grand frisson
- une "troupe" de barracudas, de dauphins ou quelques squales qui
passeraient par là – tout le monde compte sur la chance. Ah, voir
du « gros » ne serait qu’une question de hasard ?
Pas si sûr…
La
preuve, si aussitôt à la lecture des mots Galapagos, Mozambique,
Malpelo ou Komodo, vous vous sentez « télétransportés »
dans le grand bleu au côté du requin baleine ou sous un banc de
marteaux, c’est bien qu’il y a un truc ! Il est même d’une
telle ampleur que ces plongées mémorables sont en réalité
toujours liées au monde extérieur et aux Éléments.
Au
début était le vent...
Ces
instants magiques sont les fruits d’une belle alchimie entre l’Air,
la Terre, l’Eau et le Feu. En science, on parle d’upwelling,
remontée d’eaux froides qui vient littéralement ressourcer la
surface ! Elle doit beaucoup à la force de Coriolis. Engendrée
par la rotation de la Terre, celle-ci agit sur les mouvements de
masses d’air et d’eau (toute particule en mouvement est déviée
vers sa droite dans l'hémisphère nord, sa gauche dans l'hémisphère
sud).
Sans
upwellings, les eaux chaudes superficielles resteraient désespérément
pauvres tandis que les eaux froides, plus denses, stagneraient en
profondeurs. « Pour
simplifier, il en existe deux grands types » explique
Pierre Fréon, spécialiste de la question à l’IRD et plongeur :
« les
upwellings côtiers (les plus intenses) dont les moteurs sont les
vents soufflant le long des côtes, et les upwellings du large ou
hauturiers. Ces derniers résultent soit également directement du
vent, soit de rencontres de courants. Ils peuvent se subdiviser en
upwellings du talus continental, upwellings équatoriaux et
upwellings tourbillonnaires. D’intensité bien moins grande que les
upwellings côtiers, leur plus-value reste très importante car
ils surviennent dans des régions plus pauvres ».
Il
est vrai qu’en occupant seulement 1% de la surface des océans, les
zones d’upwelling soutiennent la productivité de 20% des pêcheries
mondiales. Mais où trouve-t-on les plus influents, les fameux
upwellings côtiers ? « Surtout
aux latitudes proches des Tropiques du Cancer et du Capricorne »
assure
le chercheur.
Alors,
le phytoplancton "explose" au soleil
Soutenus
par les alizés, ils sont quatre à faire la pluie ou le beau temps
sur la vie marine : le courant des Canaries (Maroc, Mauritanie,
Sénégal, Gambie) et celui du Benguela (sud de l’Angola, Namibie,
Afrique du Sud) dans l’Océan Atlantique Est ; le courant de Humboldt
(Pérou, Chili) et celui de Californie (Etats-Unis, nord du Mexique)
dans l'Océan Pacifique Est.
Ainsi,
en raison de la friction entre les vents et les couches
superficielles de l’océan, la masse d’eau de surface - chaude
- se retrouve poussée vers l’ouest. Celle qui est dessous
vient combler l’espace vacant. Remontant des profondeurs, elle est
froide et gorgée de nitrates, phosphates et dioxyde de carbone issus
de la décomposition du plancton et d’autres organismes.
En
zone aphotique, hors de portée des rayons du soleil, ces sources
d’azote, phosphore et carbone n’étaient pas exploités. Mais une
fois transportées là où la lumière pénètre, elles deviennent
utilisables par le phytoplancton. Grâce à ce véritable carburant
de croissance, la photosynthèse reprend et le plateau continental
devient le décor d’une formidable explosion de vie…
Un
vrai festin pour le zooplancton ! Effet "boule de neige", des
petits poissons comme les sardines ou les anchois aux plus grands
(espadons, requins) jusqu’aux autres prédateurs (oiseaux,
dauphins, baleines) : tous profitent de l’abondance de
nourriture.
El
Niño,
le mauvais garçon du climat
Toutefois,
il arrive que cette mécanique bien huilée connaisse "des bugs". Le
plus célèbre ? El Niño
qui fait parler de lui au moins une fois par décennie. Il s’impose
pendant plusieurs mois jusqu’à ce que son opposé – La Niña
caractérisée par des vents très forts – vienne rétablir l’ordre
dans les interactions entre atmosphère et océan.
A
chaque fois qu’il pointe le bout de son nez, El Niño
sème la zizanie au sein du courant de Humboldt et d’un bout à
l’autre du Pacifique ! Les ennuis commencent par des
perturbations de pressions atmosphériques. Dans l’Ouest de cet
océan, les eaux ont tendance à se réchauffer, s’accumuler et se
répandre vers l’Est ; quand dans l’Est justement, le
souffle des alizés perdant en puissance, les eaux chaudes de surface
ne sont plus poussées suffisamment fort vers le grand large.
Aïe,
l’upwelling normalement attendu au niveau du Pérou et du Chili est
coupé dans son élan… Les eaux froides ne peuvent ni remonter
des profondeurs, ni abreuver le phytoplancton de l’« essence »
providentielle. Hausse des températures, fortes précipitations
(inondations, ouragans), dégâts matériels, humains en Amérique du
Sud et graves sécheresses en Asie du Sud-Est et en Océanie : c’est
le monde à l’envers ! Chaque maillon de la chaîne
alimentaire marine en souffre. Les animaux doivent aller chercher de
quoi manger plus bas sous la surface. Et ces efforts, coûteux en
énergie, les affaiblissent. Le pire El Niño
du XXe siècle (1982-83) a anéanti par exemple 77% de la population
de manchots des Galapagos.
Autant
dire que le phénomène d’upwelling est vital pour la faune marine.
Et quelle jolie cerise sur le gâteau pour les plongeurs ! Mais
là, attention avertit Pierre Fréon : « Qui
dit upwelling, dit enrichissement en phytoplancton. D’où une
turbidité plus importante. Dans le cas d’upwelling côtiers, cela
veut souvent dire plonger dans de la soupe, avec une visibilité très
réduite en dehors de certaines fenêtres situées juste avant ou
pendant un pic d’upwelling. Ensuite, l’upwelling étant avant
tout une remontée en surface d’eaux profondes (et riches en sels
nutritifs), il s’accompagne d’un refroidissement sensible sur
plusieurs dizaines de mètres. Donc, bien se couvrir… ». Hé
oui,pas
moyen de jouer lesaventuriers
sans une bonne combinaison de plongée bien épaisse, c’est noté ?
Caroline Lepage (article publié dans le magazine Plongeur.com, 2011)
Une
découverte "toute fraîche" !
La
présence de forts courants froids verticaux au niveau des côtes
rocheuses empêche-t-elle l’installation de larves d’organismes
fixés, type moules, balanes, etc. ? Jusqu’ici, des recherches
menées près de la surface tendaient à le prouver.
Du
coup, Jon Witman, biologiste à l’université Brown aux Etats-Unis,
a voulu en avoir le cœur net. Lui et son équipe ont plongé
sous la zone de balancement des marées aux Galapagos. Et là
surprise, certains endroits entre 6 et 15 mètres étaient colonisés
par des balanes. D’ordinaire, servant d’aliments à d’autres
espèces, ces crustacés jouent un rôle clé dans les récifs. En
plein upwelling, c’est donc aussi le cas puisque bulots et autres
poissons s’en régalaient !
« La
découverte de cette relation proies-prédateurs montre que les zones
d’upwelling vertical sont des écosystèmes bien plus dynamiques en
terme d’organismes marins qu’on ne le pensait »
commente Witman qui a publié son étude en février 2010.
Décidément, les upwellings sont loin d’avoir livrer tous leurs
secrets…
L'upwelling qui a rendu la Mer Méditerranée plus fraîche que la Manche en 2025 (Europe 1, 2025)
Upwelling du Benguala : courant froid concentré de vie marine (Actu Environnement, 2014)
Le phénomène El Nino va-t-il aggraver le réchauffement climatique ? (Le Monde, 2023)
Le krill et les grands courants océaniques (National Geographic, 2018)
Voyage, voyage... Pour les fans de la série de notre enfance : les Mystérieuses Cités d'Or ! Voyage, voyage, tropical alors : direction, la péninsule du Yucatan, au Mexique ! Mais très loin de Mexico. Alors où ? Pour le Spring Break des étudiants à Cancun ou profiter d'une "fiesta sous-marine" avec les poissons à Cozumel ? L’île aux spots coralliens enchanteurs découverts par le Commandant Cousteau (encore lui !) à la fin des années 1950 ? Et pourquoi pas plutôt, un séjour de deux semaines dans un paradis secret et tranquille encore bien préservé de la Riviera Maya ? Partons à la découverte d'Akumal, un village situé près du site archéologique de Tulum (qui signifie "mur" en maya)... Il faut l’avouer, lorsqu’on a goûté à la diversité des fonds marins de l’Indo-Pacifique, il est difficile de se laisser à nouveau tenter par l’Atlantique. Ainsi, comme des enfants gâtés, nous avions l’idée préconçue qu’un séjour au Mexique, côté Mer des Caraïbes en pénin...
Ah, satané changement d'heure qui semble vouloir nous répéter à l'infini qu'il n'y a pas le feu au lac... Qu'il faut prendre du bon temps, le temps de vivre quand la neige pourrait bientôt tomber à gros flocons et recouvrir tous les paysages de France ? Quel blues « mortel » parfois, longtemps après cette potentielle idée d'enneigement futur, qui peut sans prévenir donner l'envie d'en finir au cerveau pas encore très frais, sur le plan mathématique, et qui reste perdu dans un décalage horaire encore trop estival, véritable grand écart temporel avec les "looongues vacances" d'été, donc ? Dépression hivernale à anticiper ? Une heure de sommeil en plus ? Tu parles ! Et une heure de lecture en moins ? Il est clair que, saturés de perte de temps ici ou là, nous continuons à prendre du retard dans nos "honnêtes devoirs" de citoyens, toujours bien sages et à l'aise avec les petits chiffres, comme les grands... Mais quand même, ad...
Ah, pan, catastrophe ! Fin du Monde ! Coup de poignard planté comme une flèche en plein cœur, sans gloire ni triomphe... Mon beau Freddie, qu'as-tu fait à notre famille, et surtout à Monique, ta petite Maman chérie ? Tu nous lâches comme ça, d'un coup ? Certes, je ne crois pas au paradis. Pour l'enfer, on a déjà l'air d'y être. Mais franchement, je te pensais beaucoup plus dur à cuire que ça ! Immortel peut-être, même, Fréd'. Me serais-je une fois encore royalement trompée de diagnostic humain ? A ton sujet, toi mon cousin, « mon grand frère de cœur », toi l'un des piliers de la seconde génération de la famille « Garcia » ? Tes origines espagnoles flamboyantes affichées en pleine figure ne t'ont même pas aidé à faire demi-tour en chemin, lorsque tu as vu la mort arriver en face ? Et personne n'a tenté de t'inciter à choisir le camp des vivants qui t'aimaient ou te détestaient, plutôt que celui des fantômes oubliés. Diable, misè...
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