Ecologie : le rapport du GIEC sur le climat, scénario du pire ?
Les experts du GIEC ont rendu leur copie. Et comme nombre de leurs confrères climatologues et autres savants, ils se montrent peu optimistes sur les changements climatiques sur Terre et leurs conséquences. Bref aperçu de ce qui existe déjà et nous attend plus tard…
A Bruxelles, la semaine n’aura pas été facile… Les débats ont été houleux. Certaines parties du « résumé pour les décideurs » - synthèse d'un rapport de 1400 pages (autant dire une Bible) ! - contestées par certains pays (Etats-Unis, Chine, Russie ou Arabie Saoudite) ont même dû être réécrites pour contenter tout le monde. Mais ce 6 avril 2007, le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) a enfin rendu ses conclusions sur les répercussions du réchauffement de la planète bleue.
Ce rapport nous promet déjà qu’une augmentation des températures supérieures à 2 ou 3°C aura des impacts négatifs sur toutes les régions du globe, et qu’il suffira d’une hausse de 1,5 à 2,5°C par rapport à la température de 1990 pour provoquer l’extinction de 20 à 30% des espèces animales et végétales ! Un scénario probable si l’on considère les estimations de ces experts : ils évaluent pour 2100 une hausse globale probable des températures comprise entre 2 et 4°C (et jusqu’à 6,4°C dans le pire des cas !).
Les bébés phoques à l’agonie
La biodiversité est donc très sérieusement menacée. Les écosystèmes également. On parle beaucoup des pôles. Et pour cause, en ce moment même, des dizaines milliers de bébés phoques meurent noyés dans le Golfe du Saint-Laurent au Canada parce qu’ils ne savent pas encore nager et que la glace se rompt et fond plus tôt que d’habitude ! Celui vers lequel se portent tous les regards aujourd’hui est l’ours polaire qui vit aussi sur la banquise. Ses jours sont peut-être comptés. Et c’est sans doute pour cette raison que l’Allemagne et le reste du monde ont fait du petit Knut, au zoo de Berlin, leur "coqueluche" (pour ne pas dire un adorable symbole de la défense du climat)...
Une infection du cerveau a emporté Knut, à l'âge de 4 ans (2011, EuroNews)
Des ouragans, des canicules et des inondations
De toute évidence, oui ! Le GIEC prévoient que d’ici 2080, jusqu’à 3,2 milliards d’individus souffriront du manque d’eau, 600 millions de la faim tant les sécheresses affecteront l’agriculture. Les canicules, à l’image de celle de 2003 qui a fait 70 000 morts en Europe et provoqué de nombreux incendies, seront plus fréquentes. Paradoxalement, les experts estiment que les inondations seront elles aussi plus régulières au point de toucher chaque année 2 à 7 millions de personnes supplémentaires en particulier sur les côtes de plus en plus peuplées… Il n’y a hélas que deux parades aujourd’hui : réduire nos émissions de gaz à effet de serre et nous préparer à vivre dans un monde différent.
Caroline Lepage (Mersea Planète, 2007)
"Jour du Dépassement" : l'Humanité vit à crédit (2 août 2023, France 24)

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