Chez Paul Wermus, à Paris en Mai 2013
Voilà une journée que je ne risque pas d'oublier. Comme je l'expliquais dans l'article précédent, elle démarrait en train (TGV bien sûr), par une splendide "météorite" littéraire, Aleph (de l'auteur Paulo Coelho). Mais ce blog aussi est un roman qui s'écrit semaine après semaine. Chapitre du jour ? « Rêv'Eaulution » à la Bastille : découverte du mythique Balajo - ancien Bal à Jo - lieu qui fait danser la capitale depuis 1935 et a vu passer Mistinguett, Joseph Kessel, Francis Lemarque, Marlène Dietrich, Marcel Aymé, Jean Gabin, Edith Piaf, Rita Hayworth, etc.
Le contraste noir, obscurité nécessaire à cette discothèque chargée d'histoires(!) et par définition "espace de séduction", et son décor orangé m'évoquent la photo d'une œuvre de Trina Merry, spécialiste du body-painting (très corps à corps, devant une ville, soleil couchant en arrière-plan). Rencontre entre autres avec cinq inoubliables « personnages », aux personnalités également impressionnantes...
"La mer m'a donné", "Ma liberté"
J'ignore ce que l'on en a pensé "en haut lieu" (s'il y a si haut encore du beau monde ?). Mais j'avoue que sur l'instant, j'ai été déconcertée par cet improbable "duo de choc" concocté par notre hôte : Arnaud Goma, "le religieux", et moi, Caroline Lepage, "la scientifique", ex-journaliste désormais écrivaine, installée à sa droite ! Lui, à ma gauche, de fait. Le grand écart, non ? Assise sur ce beau canapé en cuir au Balajo à côté d'un "saint homme d'église", j'ai soudain l'impression très étrange d'être dans la peau d'un écrivain de livre "Porno"... Alors qu'il ne s'agit pas du tout de cela en réalité, mais plus d'un détournement de sujets disons un peu croustillant pour intéresser enfin un peu le grand public à la vie des animaux sauvages. Ces inconnus, trop souvent laissés-pour-compte, comme la nature, globalement, certes pas toujours tendres avec les humains pour ce qu'il en reste sur cette planète...
Au fond, je reste une ancienne journaliste qui fait toujours (ou le plus souvent possible) de la science le cœur de son travail. Du coup, les sujets traités dans mes livres sont rarement légers, surtout quand l'actualité est elle aussi assez lourde, surchargée de mauvaises nouvelles en tous genres. Mais la nature, n'est-ce pas là ce qui nous rend plus humain, toujours ? On ne change pas une équipe qui gagne, n'est-ce pas ? Ainsi, la biologie - c'est "dans ma nature", je suis très curieuse - reste ma passion première... La "Bio", quoi, même au moment de passer à table, j'ai le réflexe de vouloir manger le plus sainement possible, et surtout pas plus de bons féculents nourrissants que de viande animale hyperprotéinée. Et dire que maintenant, on trouve en grandes surfaces des steaks végétaux à base de blé, comme le pain ! On n'arrête pas le progrès dans les assiettes et dans les poêles à frire...
Bref, Comique tout de même, aussi parfois, le monde des animaux, et leurs minuscules ou grandes histoires d'amour, comme les nôtres en quelque sorte, à notre échelle. Et j'imagine bien, j'espère même d'ailleurs, que la lecture de mon bouquin a amusé au moins quelques-uns de mes fidèles lecteurs et lectrices. Normalement, de plus en plus nombreux, avec le temps qui passe. Soit. Avec le "premier curé noir de Paris" donc, et sa formidable ouverture d'esprit, nous avons beaucoup plaisanté au sujet de ce décalage tout à la fois émotionnel, intellectuel, spirituel, je ne saurais le décrire autrement s'agissant de deux choses si différentes : la religion d'une part, la science d'autre part.
La fin du monde est pour dimanche ?
Alors, Monsieur Wermus, quel toupet,
vous avez eu ! Bravo ! Parfait ! Continuez, poursuivez. Les gens qui vous connaissent mieux que moi doivent adorer votre audace professionnelle. Sur vos entrechats éditoriaux,
François Morel l'assure avec le sourire : La fin du monde est
pour dimanche. Mince, et moi qui la croyais pour Vendredi. Alors, le Dimanche aussi ? C'est à
La Pépinière Théâtre jusqu'au 22 juin 2013 que le malicieux comédien
nous prépare à ce "cataclysme annoncé".
Puisqu'on le voit venir depuis longtemps en effet, ce drame planétaire, autant le prendre avec une certaine philosophie et en faire un drôle de spectacle, plutôt rigolo. Il a raison, "François, sans langue de bois" ! Ah, et les femmes dans cette histoire ? Deux en particulier, cachées en coulisses. Oui, si vous en doutiez, ceux et celles qui s'agitent dans l'ombre derrière les caméras ne sont pas tous et toutes "des monstres" qui manipulent l'image et la trafiquent à l'excès pour faire mentir la vérité, une fois la diffusion de l'émission en télé ! Et c'est une vraie journaliste, avant d'être écrivaine, qui vous le jure. Si, la vérité continue de triompher sur le mensonge, mais elle fait rarement plaisir à entendre... Le monde va mal. Chez les animaux, comme chez les humains et les plantes, dans les quelques forêts qu'il nous reste. Les océans ? Ouille...
Laissez-moi maintenant vous parler d'Isabelle (attention, hein, une vraie de vraie Isa Belle de l'âme), conteuse et surtout maquilleuse - je vous aurais écouté parler durant des heures, chère Madame - vous avez su me rassurer alors que mes neurones gambadaient déjà dans la jungle, cherchant à rejoindre des profondeurs remplis de poissons. Sa collègue à la fois super-cadreuse et hyper pro du journalisme a su ensuite faire ressortir de l'instant partagé en plateau l'ultime véritable message de L'Amour Bestial. Lequel ? "L'éternel" : l'Amour avec un grand A... Comme Animal aussi.
Caroline Lepage (article publié à l'origine sur le blog Mersea Planète, en 2013)
N.B. : Que le temps passe... Le journaliste Paul Wermus nous a hélas quittés à l'âge de 71 ans, le 18 septembre 2017. Et mon petit chien (ma courageuse petite Canelle), qui n'était pas avec moi ce jour là au Balajo à Paris, pas même en coulisses (parce qu'il fallait bien que "quelqu'un garde la maison" en mon absence) est, elle, décédée un dimanche soir, à l'âge de 16 ans, le 17 septembre 2023. Une vraie fin du monde pour moi, ce jour là.
Wermus prend la Bastille (France 3, Paris-Ile de France, Mai 2013)


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