Agroforesterie : après un incendie, combien de temps faut-il à une forêt pour retrouver sa splendeur ?

Avec ses 15 millions d’hectares de forêts, la France métropolitaine est plutôt gâtée en terme de bois. Malheureusement, chaque été, surtout dans la moitié Sud du pays - des Landes à la Côte d’Azur en passant par la Corse - le même gâchis se répète. Des milliers d’hectares de pins, garrigues et maquis s’envolent en fumée, laissant place à un décor de fin du monde. A l’échelle de la planète, selon la FAO, chaque année, 350 millions d’hectares en tous genres (bois, terrains en friche ou cultivés) partiraient ainsi en cendres !

Si le feu peut se montrer bénéfique pour le renouvellement de l’écosystème forestier, non maîtrisé, il devient son pire ennemi. Dans ce cas, qu’il soit d’origine naturelle (foudre) ou pas (travaux agricoles, barbecues sauvages, mégots, pyromanes), ses conséquences sont terribles. La disparition d’innombrables animaux et plantes entraîne localement un déclin de la biodiversité. Et du point de vue du réchauffement climatique, on perd les précieux puits de carbone que sont les arbres...

Après cela, combien d’années faut-il à la forêt pour retrouver son éclat initial ? 150 à 200 ans d’après une étude publiée en 2009 et encadrée par Michel Vennetier du Cemagref d’Aix-en-Provence ! Lui et ses collègues du CNRS et de l’INRA ont examiné durant trois ans le massif des Maures dans le Var, régulièrement en proie aux flammes. Selon eux, il faudrait au moins 50 ans à la forêt méditerranéenne pour qu’elle commence à bien se régénérer (grâce aux graines tombées des arbres en feu) et donc, 100 à 150 de plus pour récupérer complètement sa santé. A condition bien sûr que n’aillent pas se greffer là-dessus d’autres incendies ou plusieurs années successives d’intenses sécheresses…

En 2009 toujours, l’étude très sérieuse menée par Eric Rigolot de l’INRA et ses collègues espagnols et portugais dans le cadre de Fire Paradox (projet européen cherchant à lutter contre les feux de forêts méditerranéens) a confirmé que les pins, à aiguilles, étaient plus costauds que les arbres feuillus en cas d’incendies. Autre constat, le pin des Canaries, le pin maritime et le pin parasol sont plus résistants que le pin d’Alep et le pin radiata.

Conclusions à retenir pour sauvegarder notre patrimoine naturel ? Chouchouter les forêts les plus anciennes, éviter le retour du feu sur les lieux déjà incendiés grâce à des espèces végétales plus résistantes aux flammes et miser sur la prévention (débroussaillage et comportements responsables).

Caroline Lepage (extrait du livre Pourquoi les mouches aiment-elles les crottes ?, 2010)




Canadair, Sécurité Civile : un pilote raconte sa lutte contre le feu à La Teste-de-Buch, en Gironde (TF1, 2022)

Top 6 reasons to plant a Canary Island Pine for exotic flair and resilience (Weaver Family Farms, 2023) 


Le sapin artificiel est-il écolo ? (Le Monde, 2018)

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HISTOIRE, ARCHEOLOGIE, PALEONTOLOGIE, ASTRONOMIE
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