Asie : un dragon au look préhistorique bien vivant, mais rare

Inscrit sur la Liste Rouge de l’IUCN des Espèces Menacées, le dragon de Komodo (ou varan de Komodo) est un gros lézard aux airs de dinosaure à dimension humaine du XXIe siècle très impressionnant. Il en reste 5000 spécimens en Indonésie. Ce reptile est un prédateur hors normes, ou plutôt une "machine à tuer" qui gagne à tous les coups, lentement mais sûrement... Peut-être parce qu'un bon morceau de viande, ça se mérite !

Il aime manger, ce lézard géant. Des hommes, aussi ? Non, officiellement, ce n'est pas dans ses habitudes de se nourrir de chair humaine. Seulement, gare, sa morsure est fatale. La preuve, en 2007, un garçon de 8 ans en est mort sur l'île de Komodo, l'attaque ayant provoqué une grave hémorragie

Cette morsure, justement réputée pour tuer par septicémie, gardait une grande part de mystère. Ainsi, Stephen Wroe et ses collègues australiens ont décidé de l'étudier de près. D'où leurs très récentes découvertes...

Une morsure mollassonne

En 2008, grâce à un logiciel et un spécimen du Muséum d’Australie (Sydney), ces biologistes ont conçu un modèle informatique leur permettant d’examiner l’anatomie de la tête, de la gorge et la force de la morsure du plus grand lézard de la planète. Verdict surprenant : cette dernière serait plutôt mollassonne ! Surprenant, oui, quand on sait que l'animal peut mesurer pas loin de 3 mètres et est volontiers mis en appétit par un énorme buffle...

Mais alors, qu’est-ce qui lui donne l’audace d’oser s’en prendre à plus gros que lui ? D'abord, l’ossature de sa tête, fragile, de densité variable, conçue comme un pont qui donne, de fait, une grande élasticité à sa gueule. Ensuite, équipée d'une soixantaine de dents tranchantes, de puissants muscles au niveau du cou, en un coup justement, elle blesse mortellement.

Le varan peut bien laisser fuir sa victime sans la moindre inquiétude. Tôt ou tard, il sait qu'il la retrouvera morte dans un coin, vidée de son sang ! Jusqu’ici donc, une théorie attribuait le danger de sa morsure à une infection de la blessure causée par de dangereuses bactéries présentes dans la gueule du dragon de Komodo. Mais l'équipe de Stephen Wroe, en 2009, grâce à des recherches par imagerie médicale et dissections, révélait que la septicémie n'était pas la cause de la mort de ses proies...

Du venin ! 

En réalité, comme la plupart de ses cousins les serpents, lui, le varan géant, est également venimeux. Sous la mâchoire, « il possède des glandes salivaires qui délivrent des agents hypertenseurs et anticoagulants. Celles-ci, aidées d’adaptations légères mais sophistiquées au niveau de son crâne et de ses dents, lui permettent de tuer de gros animaux par hémorragies rapides» explique le spécialiste. En clair, la morsure du dragon de Komodo n’est pas très puissante, mais peu importe, puisque le venin termine parfaitement le sale boulot ! Mais heureusement, tous les reptiles ne sont pas si dangereux...

Caroline Lepage (article rédigé pour le blog Mersea Planète, 2012)




L'île de Komodo et ses célèbres dragons (National Geographic Animaux, 2020)
 

Le dragon de Komodo part à la chasse (National Geographic Animaux, 2017)
 

Top 12 des plus beaux lieux d'Indonésie (Partir.com, 2020)
 

Carnets d'Expéditions, de Francis Le Guen : Indonésie, l'origine des Mondes (France 5, 2007)

LITTORAL, EAU, OCEANS, PLONGEE, ENVIRONNEMENT MARIN
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