Tire-fesses,
télésièges, ou cabines au pied de la station : les amateurs de
glisse ont l’embarras du choix pour gravir les sommets et descendre "Tout Shuss" sur des pentes sécurisées et larges comme des
boulevards. Tout semble si simple qu’on en oublie comment le ski a
pu devenir un loisir si populaire… Retour aux sources.
Tel
un troupeau d’éléphants, "les Bronzés"aux bottes lourdes
s’engouffrent à l’intérieur d'une télécabine. Et c’est parti !
Elle file à grande vitesse vers le haut. Les mots fusent dans toutes les langues (français, anglais, russe, italien, allemand...) sans perturber Monsieur Dusse en train de suivre des yeux la trajectoire d’un
skieur qui doit être tout sauf humain, tant il godille avec aisance
autour des bosses ! Un vrai serpent, celui-ci… Terminus, tout le monde
descend.
Premiers
skis
Clac,
clac ! Notre novice chausse avec fierté ses beaux skis aux
extrémités larges. Tout neufs... « Le concept de ‘carving’
a été développé dans les années 80 par Kneissl sans grand succès
sur le coup. Puis il a été repris avec succès par les fabricants
(Salomon, Rossignol, Atomic, etc.) pour faire face au phénomène
snowboard. Bref, les skis paraboliques ont un peu révolutionné
cette dernière décennie… Vous allez voir, avec ça, vous ferez
fureur dans les virages !» lui avait assuré le vendeur. Pas
faux apparemment car Monsieur Dusse tourne assez facilement, dans un
chasse-neige presque gracieux, qui ne devrait pas effrayer la plus belle des couches de neiges poudreuses. Il suit à la trace un homme vêtu
d’une combinaison aux couleurs de l’Ecole de Ski Français (ESF).
Le prototype même du moniteur qui énerve le maladroit skieur qu’est
l’élève Dusse : âge mûr, tempes grisonnantes, caché
derrière ses lunettes noires, teint divinement hâlé par le soleil
des Alpes, ce bellâtre a une forme olympique et fait encore retourné
sur son passage toutes les filles. « Flexion, piqué du bâton,
extension » crie-t-il à son élève qui bougonne en traînant
des skis… paraboliques ! Et pourtant comment râler avec une
telle technologie aux pieds lorsqu’on sait comment a débuté
l’histoire, pardon la préhistoire du ski alpin. C’était il y a 5000 ans dans
le froid du grand Nord, en Finlande comme en Sibérie, puis en
Norvège, Amérique du Nord, etc.Les peuplades comprirent très vite
l’avantage de se déplacer ainsi sans trop s’enfoncer dans la
neige et sur les terrains peu accidentés : on va plus vite pour
chasser… ou aller se battre !Plus courtes, les raquettes
apparaissent au même moment que le ski mais sont plus utiles dans
les zones boisées où les obstacles sont nombreux.
Arrêt
Briançon
Le
ski fait son entrée en fanfare en Scandinavie où il est utilisé
par les soldats dés le XVIe siècle. Le temps pour de grands
explorateurs (Réginald Outhier 1774, Guimard 1839, etc.) d’en
faire la publicité avec plus ou moins de succès au travers de leur
récit de voyages et d’échantillons ramenés, 200 à 300 ans
supplémentaires seront nécessaires pour que le ski se démocratise
ailleurs… Autrichiens et Suisses en reconnaissent l’intérêt
militaire et de ce fait, contribuent à moderniser la pratique.
En
France, on est un peu à la traîne ! Et les débuts dans l’armée
sont laborieux. Devant l’avancée des pays voisins, l’Etat Major
se décide timidement d’abord à rester dans la course (grâce à
la motivation du Général Bourbaki ou du Capitaine François Clerc)
et en fait finalement venir un millier de paires de Norvège. Malgré
l’aide d’officiers norvégiens, la technique des chasseurs alpins
laisse à désirer. ‘L’arrêt Briançon’ ressemble fort à
celui du téméraire élève Dusse : il s’agit de se jeter
dans la neige dés que ça va trop vite. Efficace certes mais
parfois douloureux !
La
première école militaire de ski arrive à point nommé en 1904 à
Briançon. On y apprend aussi bien à pratiquer… qu’à fabriquer
de quoi pratiquer. Deux ans plus tard, Montgenèvre accueille la
première compétition internationale de ski déjà bien développé
dans toutes les armées du monde des Etats-Unis au Maroc. Et
oui !
Un
loisir ?
En
1878, Henri Duhamel quitte l’Exposition Universelle de Paris avec
sa dernière trouvaille, d’étranges planches acquises sur un stand
suédois. Renseignements pris, il s’élance avec ses amis du côté
de Grenoble sous les railleries du Club Alpin qui ne tarde pas à le
décourager. Ses skis retournent au placard. Pas pour longtemps…
Car finalement, il ne s’y était pas trompé, ce sport avait de
l’avenir en France. Dés le début du XXe siècle, les magasins
spécialisés fleurissent à Chamonix, Chambéry ou Grenoble !
Années
1920. La belle époque démarre car les vallées des Alpes et des
Pyrénées s’industrialisent. L’agriculture se fait détrôner
par le tourisme (pour le thermalisme plus que le ski dans un
premier temps). L’accès aux villes et villages de montagnes, de
plus en plus équipés en téléphériques et funiculaires, est
favorisé par l’installation de voies ferrées. Parallèlement, les
premiers Jeux Olympiques d’hiver, qui réunissent plus de 300
coureurs de 16 nations en 1924 (année de création de la FFS,
Fédération Française de Ski) à Chamonix contribuent largement à
rendre la discipline populaire dans le monde entier. Et puis
l’arrivée des congés payés en 1936, c’est la cerise sur le
gâteau !
Les
pionniers en matière de sports d’hiver réalisent l’ampleur du
potentiel. Ils veulent exploiter les montagnes pour en faire
d’agréables domaines skiables. Ainsi, le baron de Rothschild,
épaulé par l’architecte Henry Paul Nemot, fonde les premiers
hôtels à Megève qui prend des allures de véritable station de
sports d’hiver à l’arrivée d’un téléphérique en 1934
destinés aux skieurs… ‘Station’ ? Le mot passe dans le
langage courant. Avec un rythme un peu moins soutenu qu’en Autriche
ou en Suisse (où Saint-Moritz reste pour l’époque la station la
plus développée), les remontées mécaniques commencent à se
multiplier. Côté USA, on se laisse doucement séduire par le
phénomène en copiant les modèles européens.
Phénomène
de société
1933 :
enfin une école de ski français pour le public, celle de Roger
Frison-Roche. On y skie à la méthode de l’Arlberg (décrite
par l’autrichien Hannes Schneider
une grosse dizaine d’années plus tôt et qui recense différentes
techniques : télémark - ancêtre du virage -, positions
proches du chasse-neige, etc.).En 1938 est créé le Syndicat
National des téléphériques de France (SNTF). La spécialisation
des compétitions (saut, slalom, fond, etc.) et la médiatisation des
champions autrichiens, suisses (Otto Furrer, David Zogg), français
(Emile Allais, James Couttet, Guy Perillat, Jean Vuarnet, les sœurs
Thiollère, Honoré Bonnet, etc.) élèvent le ski au rang de
phénomène de société. D’ailleurs, le style français se fait
plus ‘coulé’ et raffiné, skis parallèles, donnant un sacré
coup de vieux à la méthode d’Arlberg…
Seule
la Seconde Guerre Mondiale freine provisoirement le succès du ski,
conflits qui n’empêchent pas certains ambitieux dés 1942 - Laurent
Chappis, Maurice Michaud et bien d’autres- d’échafauder de
pharaoniques projets qui aboutiront notamment au plus grand domaine
skiable interconnecté du monde aujourd’hui : les 3 Vallées
qui comprennent les stations d’Orelle, Val Thorens, Les Ménuires,
Saint-Martin de Belleville, Brides-Les-Bains, Méribel, La Tania et
Courchevel ! Le ski renaît dans les années 1950. Les stations
colonisent les montagnes françaises en une vingtaine d’années et
grimpent en altitude : Tignes, La Plagne, Avoriaz, Les Angles,
Pyrénées 2000, etc. Les pistes jouent désormais un rôle central.
On les balise, les sécurise, les dame et les enneige grâce à de
nouveaux engins.
Les
remontées mécaniques se modernisent elles et se multiplient. D’une
cinquantaine en 1945, on est passé à 2000 en 1970 et plus de 4000
dans les années 1990 ! La France reçoit environ 8 millions de
skieurs chaque hiver… Plus un cette saison : Monsieur Dusse
qui, épuisé après 1 heure de galère à virer en chasse-neige et à
piquer du bâton, prend enfin une pause pour partager le verre de vin
chaud de l’amitié avec son gentil moniteur…
Caroline
Lepage (article publié dans le magazine Questions Réponses, 2006)
Ski :
d’hier à aujourd’hui
Vêtu
de peaux de bêtes, skier - jadis avec un seul bâton - relevait de
l’exploit. Quant aux spatules, elles permettaient uniquement de se
déplacer et non de glisser. Rudimentaires, longues et très larges,
recourbées à l’avant -parfois à l’arrière aussi- elles
évoluèrent dés que l’homme comprit l’intérêt de les utiliser
en descente. Différents bois furent utilisés selon les
époques, les lieux et les disponibilités : bouleau, frêne, acacia,
merisier, etc. Les fixations étaient de simples brins de joncs ou
lambeaux de peau lacés sur le pied. Dés le XIXe siècle, on
s’efforce d’améliorer l’ensemble.
Dans ce domaine, un nom à
retenir, celui d’un peintre autrichien Mathias Zdarsky
(1856-1940). Il multiplia les expérimentations, réduit la taille
des skis de Norvège (2,50 m de long sur 6 à 8 cm de large à
l’origine) et apporta des innovations aux fixations (totalement
métalliques). Avec le temps, d’autres nouveautés - telles la
production de bâtons en acier, l’apparition de carres métalliques,
de chaussures plus adaptées et de combinaisons confortables - ont
permis d’aboutir à la diversité que l’on observe en matière de
glisse aujourd’hui : ski de fond, monoski, patinettes, surf
des neiges, etc.
Les Inconnus "Les journalistes de France Télévisions durant la préparation des J.O. d'hiver de 1992, Albertville (Savoie)" 😄😉
Fatal Bazooka "Fous ta cagoule" (2007)
1950-1970 : le boom des stations de ski (archives INA, Retour vers l'Info, 2021)
Années 1930 : le tourisme hivernal s'installe en France (Retour vers l'info, 2019, archives INA)
En France, des stations de ski abandonnées ! Les ravages des changements climatiques ?... (2021)
Brian Show, Descente à ski sur les pentes de Val Thorens (piste noire, Combe de Caron à +3000 m d'altitude !!! 2017)
Stations de ski et réchauffement climatique sur les sommets, adaptation au manque de neige (BFMTV, 2015)
Bon... Les Bronzés font du ski "Ils n'tomberont pas plus bas" (1979) 😎
Voyage, voyage... Pour les fans de la série de notre enfance : les Mystérieuses Cités d'Or ! Voyage, voyage, tropical alors : direction, la péninsule du Yucatan, au Mexique ! Mais très loin de Mexico. Alors où ? Pour le Spring Break des étudiants à Cancun ou profiter d'une "fiesta sous-marine" avec les poissons à Cozumel ? L’île aux spots coralliens enchanteurs découverts par le Commandant Cousteau (encore lui !) à la fin des années 1950 ? Et pourquoi pas plutôt, un séjour de deux semaines dans un paradis secret et tranquille encore bien préservé de la Riviera Maya ? Partons à la découverte d'Akumal, un village situé près du site archéologique de Tulum (qui signifie "mur" en maya)... Il faut l’avouer, lorsqu’on a goûté à la diversité des fonds marins de l’Indo-Pacifique, il est difficile de se laisser à nouveau tenter par l’Atlantique. Ainsi, comme des enfants gâtés, nous avions l’idée préconçue qu’un séjour au Mexique, côté Mer des Caraïbes en pénin...
Ah, satané changement d'heure qui semble vouloir nous répéter à l'infini qu'il n'y a pas le feu au lac... Qu'il faut prendre du bon temps, le temps de vivre quand la neige pourrait bientôt tomber à gros flocons et recouvrir tous les paysages de France ? Quel blues « mortel » parfois, longtemps après cette potentielle idée d'enneigement futur, qui peut sans prévenir donner l'envie d'en finir au cerveau pas encore très frais, sur le plan mathématique, et qui reste perdu dans un décalage horaire encore trop estival, véritable grand écart temporel avec les "looongues vacances" d'été, donc ? Dépression hivernale à anticiper ? Une heure de sommeil en plus ? Tu parles ! Et une heure de lecture en moins ? Il est clair que, saturés de perte de temps ici ou là, nous continuons à prendre du retard dans nos "honnêtes devoirs" de citoyens, toujours bien sages et à l'aise avec les petits chiffres, comme les grands... Mais quand même, ad...
Ah, pan, catastrophe ! Fin du Monde ! Coup de poignard planté comme une flèche en plein cœur, sans gloire ni triomphe... Mon beau Freddie, qu'as-tu fait à notre famille, et surtout à Monique, ta petite Maman chérie ? Tu nous lâches comme ça, d'un coup ? Certes, je ne crois pas au paradis. Pour l'enfer, on a déjà l'air d'y être. Mais franchement, je te pensais beaucoup plus dur à cuire que ça ! Immortel peut-être, même, Fréd'. Me serais-je une fois encore royalement trompée de diagnostic humain ? A ton sujet, toi mon cousin, « mon grand frère de cœur », toi l'un des piliers de la seconde génération de la famille « Garcia » ? Tes origines espagnoles flamboyantes affichées en pleine figure ne t'ont même pas aidé à faire demi-tour en chemin, lorsque tu as vu la mort arriver en face ? Et personne n'a tenté de t'inciter à choisir le camp des vivants qui t'aimaient ou te détestaient, plutôt que celui des fantômes oubliés. Diable, misè...
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